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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Pas de petits bonheurs

Il y en a surement eu. Beaucoup. J’ai souri. Souvent. Ca fait des semaines voir des mois que je n’ai quasiment pas ri. Mais je souris toujours. Comme pour dire « Si si tout va bien ne vous occupez pas de moi ». Ou plutôt « Non non ça ne va pas mais comme vous n’avez pas envie de le voir je souris. Ca dérange moins ».

Hier, lors de ma rencontre avec les membres d’une association pour enfants différents, une maman était là. Speedée, fatiguée, visiblement à bout de nerfs. Elle nous dit « Lui il va bien. C’est ça le pire. Lui va bien et moi je suis de plus en plus mal ». Et je lui ai répondu « Quand nos enfants vont bien, nous nous donnons le droit de ne pas l’être ».

Gabriel va super bien. Des fonctionnements différents mais il va super bien. Aïnhoa va super bien. Elle s’affirme ce qui veut dire qu’elle va de mieux en mieux. Sasha va toujours bien. Un peu trop remuant, un peu trop malin mais il va super bien. Jade va bien. Elle a 18 de moyenne en maths. Je confirme qu’elle va super bien (de ce que j’en vois hein 700km ne facilite pas la communication).

Mon mari a de très graves soucis de santé. Mais vraiment graves. Et vraiment inattendus. Et puis le genre de souci qui impactent son travail, son avenir. Par extension notre avenir.

Depuis quelques mois, je n’allais pas bien. Parfois, je m’accordais 1/4 d’heure de consultation chez mon médecin généraliste pour pouvoir pleurer un bon coup. Et je repartais un peu plus légère. Et puis un jour, j’ai accepté la prescription d’anti dépresseurs. Comme je lui disais, je ne fais pas une dépression, je suis juste fatiguée et je voudrais que ça s’arrête. Il y a quelques semaines, toujours sous son impulsion, j’ai rencontré une super psychologue. Qui a fini par me demander si j’étais bien sous anti dépresseurs. Parce qu’elle me trouvait vraiment mais alors vraiment très mal. Et en fait oui, je vais très mal. Mais alors vraiment très mal.

En fait, je suis au stade où je suis restée tout le week end au lit. Sans avoir envie de voir qui que ce soit. Sans avoir envie de parler, de regarder, de ressentir. Mon médecin a changé mon traitement. Désormais, je suis sous un traitement beaucoup plus lourd. Le temps de la mise en place me semble interminable. J’appréhende demain et l’ensemble des tâches qui m’attendent. Aujourd’hui j’avais 3 objectifs à remplir. Je n’en ai réalisé qu’un. Ecrire sur le blog n’en faisait pas partie. Mais c’est chouette d’écrire.

Alors je vais me limiter à ce qui me convient pour le moment. Ce qui me fait du bien. Mon travail parce qu’il faut bien avancer et que j’ai terriblement, mortellement envie de progresser. Et que mon esprit déborde d’idées. Mes enfants que je vais continuer à encourager, suivre, porter quand il le faut. Mon mari, qui se retrouve bien démuni face à moi léthargique. Qui prend le relais. Mais dont la santé nécessite aussi qu’il se préserve. Le cheval qui chaque mercredi m’offre 2 heures de déconnexion totale. De sourire. Et même de rire lorsque Cocotte décide d’essayer de me faire verser. Un projet secret qui aboutira ou pas mais que j’ai envie de tenter.

Je vais patienter. Croire en la chimie pharmaceutique, en l’espoir que m’ont offert les bénévoles de l’association M en rouge (Si vous allez liker leur page Facebook cela leur donnera la visibilité qu’ils méritent. Ils viennent de nous fournir l’ordinateur nécessaire à Gabriel), en l’amour de mon mari, de mes enfants, en l’amitié que certaines m’offrent (et amèrement constater que nous n’avons pas tous le même sens de l’amitié). Et c’est tout.

Pour le bonheur, on attendra.


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L’instant – Petits bonheurs #19

19 semaines que je partage ici ces petits moments qui font mon quotidien plus doux. De façon irrégulière (oui pardon pardon j’avais dit que j’écrirai plus et puis…) j’aime offrir ces quelques lignes qui montrent que même dans les périodes difficiles il y a toujours de l’espoir, des rires, de la joie.

  • les 15 jours passés aux côtés de ma fille. J’ai l’immense chance et honneur d’avoir une ado extraordinaire de douceur, de gentillesse, d’intelligence. Elle est magique et ces 15 jours sont passés à la vitesse de l’éclair.
  • Durant ces 15 jours, je suis allée tous les jours ou presque au centre équestre. Et plus je suis en contact avec les chevaux et plus je me sens bien avec eux. Les chevaux ne jugent pas, ne crient pas. Ils demandent juste douceur et respect.
  • En parlant de cheval, aujourd’hui je faisais mon premier concours. Un concours de maniabilité. Et si je n’ai pas gagné, je n’ai fait aucune faute. Fierté absolue et plaisir encore plus grand.
  • Cette semaine je suis allée à la piscine. Seule. Et j’ai nagé sur 1km. Avec des palmes et sur le dos vu que je ne sais pas nager. Encore un moment de fierté intense.
  • Mes produits qui sont à la boutique 100%Frenchy à Libourne se vendent petit à petit. Et ça fait super plaisir.
  • Les résultats scolaires de Gabriel sont assez hallucinants. A tel point que nous avons décidé ne ne pas demander d’extension du nombre d’heures d’AVS. Je suis très très fière de lui.
  • Je suis allée au cinéma la semaine dernière. La première fois depuis au moins 5 ans.

Voilà. Du bonheur au quotidien. Et vous ?


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L’instant – Petits bonheurs #18

J’essaie de garder mon optimisme chevillé au corps mais c’est quand même compliqué quand une grosse quantité de petites merdouilles s’accumulent. Il faut dire aussi que ma nuit dernière fut blanche. Et la fatigue ce soir se fait sentir. Alors un court, tout petit billet sur mes petits bonheurs.

  • Grâce à une analyse de sang, on a enfin compris d’où venait en partie mon épuisement. Une grosse carence en fer. Rien de dramatique mais maintenant faut remonter tout ça histoire de me retaper. Du coup j’ai l’espoir que ma phrase du matin ne soit plus « Je suis fatiguée ».
  • Une rencontre avec une psychologue humaine, empathique, qui pense à ses patients plutôt que son portefeuille. Déjà rien que ça, ça fait un bien fou.
  • Une bonne nouvelle avec la réception du devis pour le matériel informatique de Gabriel. Et la somme est moitié moins importante que ce que j’estimais. On les trouvera toujours pas sous le sabot d’un cheval mais déjà y’a moins à chercher.
  • En parlant de cheval, les mercredi matins deviennent de plus en plus essentiels et nécessaires à mon équilibre. Du coup, j’ai demandé à la monitrice du manège si je pouvais bénévolement filer un coup de main de temps en temps histoire de respirer. La réponse positive m’a fait du bien.
  • La fin des TAP. Même si j’aime beaucoup transmettre ma passion de l’origami, ma fatigue, le bruit, le manque d’éducation de certains enfants et l’irrespect qui va avec m’ont rendu ce cycle un peu lourd à supporter.

Voilà. Pour ce soir, et avant de fabriquer un de mes meilleurs bonheurs culinaires (aka les croque monsieur de ma maman), ce sera déjà bien. Même si les sourires de mes enfants et les rares moments partagés avec eux ont fait partie de mon quotidien cette semaine.


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L’instant – Des bisous doux

Tout petits, on dépose sur leurs ventres des Zerbuts. Chez moi, on appelle comme ça les bisous péteurs. Et les bébés de rire et de rire. En grandissant, on leur fait des bisous qui claquent, des bisous qui bavent. On leur fait des bisous tendresse, des bisous d’amour, des bisous câlins. Et toujours des rires, de la joie, des sourires dans les yeux.

J’ai fait comme ça avec ma 1ère née. Notre complicité passait aussi par le contact. Beaucoup de contacts. Souvent. Plein de bisous. Pour tout et rien. A chaque moment. Pour dire bonjour, merci, bonne nuit. Pour jouer, pour la douceur.

Et puis Gabriel. Très vite, j’ai arrêté de faire des Zerbuts. Parce qu’il n’y avait pas de rires. Juste ses mains sur mon visage. Pour les pousser ? Maintenant je me pose la question. Très vite, j’ai limité mes bisous. Mes tentatives d’échange. Parce qu’il ne voulait plus.

Désormais, je laisse Gabriel être à l’initiative des contacts. Il a une façon bien à lui, très maniérée, de déposer des bisous. Pour venir chercher les câlins, il tend les bras, il penche la tête et puis ensuite ? Bah ensuite, je crois qu’il ne sait plus trop comment faire. Et c’est parfois difficile du coup de le prendre dans nos bras. On sait plus trop non plus comment. Du coup, ce sont souvent des câlins plein de maladresse. Mais toujours plein d’amour. Parce que Gabriel, s’il n’exprime que principalement des sentiments négatifs, il ne reconnaît que principalement les sentiments positifs.

Avec Aïnhoa, les choses se sont encore plus compliquées. Ma princesse adooooore les câlins, les bisous, la tendresse. Et à cette époque, le temps me filait entre les doigts. Alors les bisous, les câlins, c’était très compliqué. Je me rattrape seulement maintenant. Et on se fait des bisous autant que l’on peut.

Et mon Sasha. Cet enfant est une petite merveille. Lui aussi aime les bisous, les câlins. Donc il prend. Pendant très longtemps, quand il voulait un bisou, il m’attrapait la tête, il la tirait vers lui. Encore maintenant, la tendresse qu’il recherche, le doudou (mes cheveux donc), il les prend. Je peux être en train de manger, sous la douche, en voiture, parfois même aux toilettes (bon j’ai décidé de fermer la porte à clé désormais), bébé chou arrive et fait son câlin, réclame son bisou, les bras, mes cheveux. Intérieurement, je rigole.

Et au final, j’ai 4 enfants qui aiment les bisous. Tous les bisous différents. Qui sont demandeurs de tendresse, ce que je donne. Avec plaisir. Même si au final, je ne suis pas très tendre de nature. Même si les câlins et bisous ne sont pas ma tasse de thé.

Nous sommes une famille à bisous.


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L’instant – Petits bonheurs #17

On ne va pas se le cacher, cette semaine a été compliquée. Des résultats d’analyses un peu bof, mon mari dont la santé est bonne mais qui de graves soucis, les enfants dont on va dire qu’ils sont plein de vie m’ont amené à un degré de fatigue rarement atteint.

Mais, comme toujours, lorsque l’on ouvre les yeux, lorsque l’on regarde attentivement, il y a des petits moments de bonheur qu’il faut savoir savourer. Voici quelques uns des miens.

  • Samedi, Gabriel a vécu un samedi encore une fois compliqué. Avec la rentrée scolaire revient la période des anniversaires. Auxquels il n’est jamais invité. Pour le consoler un peu, je lui ai acheté des cartes pokémon (oui il adore ça). Mon fils a pleuré de joie en les voyant. Ses joues se sont creusées par les fossettes de ce vrai sourire qu’il a si rarement. Un moment merveilleux.
  • Mercredi matin, mon moment à moi, mon moment sur mon cheval. Le moment où je souris dans discontinuer malgré mon niveau, mes difficultés.
  • Ces instants où je suis au TAP à l’école. Les enfants ne sont pas simples (merci les parents qui oublient ce qu’est l’éducation de base) mais j’aime tenter de les initier à ce qui est une véritable passion. Certains mordent, d’autres non. Mais j’aime ces moments d’apprentissage.
  • Ma visite à la boutique 100% Frenchy lundi. J’y fais des ventes. Et je suis hyper fière. Cette boutique est absolument magnifique avec une sélection de créateurs pointus dont je fais partie. Si vous êtes sur la région de Libourne, je vous invite à aller découvrir toutes les merveilles qui sont réunies là bas. Très vite, je vous fais un billet avec des photos.
  • Mon cerveau qui bouillonne d’idées. Je n’ai pas trop le temps de les mettre en oeuvre. Mais je me rends compte que décidément mon besoin de création ne s’éteint pas malgré tout.

Voilà. Tous ces sourires je vous les offre. J’espère qu’ils vous donneront un petit instant de bonheur. Et n’hésitez pas à me raconter les vôtres. Je les rajouterai à mon billet.


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L’instant – Comment ça va ?

Je reprends les rênes du blog. Si si. Parce que j’ai des milliards de trucs à raconter, parce que j’aime toujours autant écrire et que ça me manque.

Alors histoire de bien recommencer, quelques nouvelles de tout le monde.

Les enfants pour commencer. Gabriel va bien. Un peu trop d’ailleurs. Un petit côté hyperactif qui commence à poindre. Du coup dès le matin, c’est opposition, agitation, sauts de cabris sur le canapé. Donc il va bien. Il a fait une super rentrée avec une maîtresse visiblement à l’écoute, son AVS. Malgré son changement de vélo, il a réussi à recommencer le BMX. Mais on sent bien que les changements deviennent difficiles. Les émotions sont difficiles à décrypter pour lui. Les négatives encore plus. La frustration reste très difficile à gérer. Mais nous avons décidé de l’accepter pour ce qu’il est. Et ça aide bien.

La princesse va bien. Le moindre signe de TDA/H a été écarté chez elle. C’est une enfant qui s’affirme de plus en plus. Elle a un caractère parfois emportée, volontaire. Elle décide de ce qu’elle veut mettre. Bon, parfois ça donne un short sous une jupe. Dans les limites du raisonnable, je la laisse faire. Sa grande soeur lui manque. Elle en parle souvent. Elle aussi a fait une super rentrée. Aïnhoa est intelligente, sensible et c’est une petite merveille de douceur. Parfois.

Sasha va bien. Oui, aussi. C’est un enfant charmeur, intelligent, souriant, cascadeur. Il va rentrer dans une phase de pré diagnostic pour le TDA/H car il en présente certains signes mais nous ne sommes pas inquiets. Ses sourires, son obstination à obtenir ce qu’il a décidé font oublier son hyperactivité et ses mises en danger régulières. Je disais pas ça le jour où je l’ai trouvé debout sur le portail. Ou quand il saute de la table de la salle à manger sur le canapé. Et que ça le fait rire.

Mon mari va bien. Mais oui ! Diagnostiqué, traité par psychostimulant, il est apaisé, calme, posé, réfléchi. Même sa voix a changé. Beaucoup plus douce. Du coup le quotidien est enfin à l’image de ce que j’imaginais. Un 2ème diagnostic est tombé puisqu’il souffre d’apnées du sommeil sévères. Leurs prises en charge devraient permettre un encore mieux être. Notre famille, notre couple s’en trouvent apaisés.

Et moi ? Je fais en sorte que les choses aillent mieux. Je commence enfin à prendre soin de moi. C’est long. Mais je sais que prendre soin de moi me permettra de prendre soin des autres. Il faudra quelques billets pour raconter tout ça.

Rendez vous d’ici quelques jours.


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L’instant – 8 ans

Hier nous avons fêté pour la première fois notre anniversaire de mariage. 8 ans de mariage. Les noces de coquelicot (chose que j’ignorais avant qu’on me le dise). Et cette année, l’exploit fut que je me souvienne de la date.

Mon mari et moi ne portons pas nos alliances. Moi parce que de toute façon je ne rentre plus dedans et mon mari la porte autour du cou (il est interdit dans son métier de porter des bagues). J’ai aussi jeté ma robe de mariée. Parce que dans la série mariage pourri, j’ai sans doute eu le mariage le plus pourri qui puisse se faire.

Nous sommes sans doute le couple qui a divorcé le plus souvent. Nous nous sommes séparés à de nombreuses reprises. Enfin lui partait, moi je restais à la maison avec les enfants. Les disputes, l’incompréhension, les paroles malheureuses ont émaillé les 10 dernières années. Nos enfants ont souffert. Nous avons souffert.

Pourquoi être resté? La réponse a longtemps été difficile à trouver. Je voyais derrière l’homme impulsif, imprévisible, épuisant, colérique, parfois violent (non il ne m’a jamais tapé) l’homme gentil, attentionné. Passionné bien sûr, avec un caractère de cochon m’enfin vu mon propre caractère il vaut mieux ça sous peine d’être dévoré tout cru.

Et puis il y a 2 ans, à l’occasion du diagnostic de TDA pour Gabriel, le doute qui arrive. Et si lui était touché. Pour la faire brève, c’est le cas. Et une forme sévère. 1 enfant sur 2 verra son TDA/H s’atténuer, voir disparaître une fois adulte. Les autres malheureusement seront toujours atteints. Avec une vie sociale chaotique, une scolarité raccourcie, une vie professionnelle ratée. Et surtout un putain de caractère de merde.

Mon mari a fait les bilans, a payé devrais je dire les bilans. Et puis il a attendu. Perdu un énième boulot. Encore attendu. Et puis on a fait du forcing. Pour qu’il puisse enfin prendre ce médicament qui pouvait peut être nous sauver.

Depuis 1 mois et demi, mon mari est sous concerta. Un médicament qui contrôle les effets du TDA/H. Et depuis 1 mois et demi je sais pourquoi je suis restée. Pour cet homme. Gentil, souriant, calme, attentionné, posé, réfléchi. Avec un caractère de merde mais qui se contrôle, qui réfléchit avant d’agir. Qui m’aime. Avant aussi il m’aimait soyons clair. Mais pas bien.

Alors hier, nous sommes allés fêter notre 8ème anniversaire de mariage. Parce que pour la 1ère fois depuis 10 ans, nous avions quelque chose à fêter.

Nous.