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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Scène d’un quotidien ordinaire

Ce matin, comme tous les matins, j’apporte ses vêtements à Gabriel pour qu’il s’habille. Comme tous les matins, il gobe la télé. Depuis qu’il a 14 mois, c’est un des rares moyens de contrôle que nous ayons. Et si nous avons réussi à le sevrer à certains moments, le matin reste un moment critique de la journée.

Donc, Gabriel regarde la télé et il est compliqué de s’habiller en étant hypnotisé. Sauf que je dois me préparer, que je dois préparer les 2 autres. Et même si Aïnhoa m’aide beaucoup, elle ne peut encore complétement s’habiller seule. Alors ce matin où j’accumule fatigue et frustration, Gabriel est de très bonne humeur mais pas moi. L’ordre lui est donné de s’habiller dans un délai normal avec une échéance. Quand je sors de la salle de bains il faut que tu sois habillé.

Comme souvent, il ne l’est pas. En général, la menace d’éteindre la télé est efficace. Pas aujourd’hui. Et si je menace sans passer à l’acte, inutile de menacer. Donc j’ai éteins la télé. Début de la crise. Fin de ma matinée qui n’était pas zen mais au moins je ne pleurais pas.

Depuis ses 1 an, ces crises rythment notre quotidien. Elles se sont espacées puisqu’à une période, nous en avions 5 ou 6 par jour. Celle ci est la première depuis la rentrée.

Nous ne savons pas ce qu’il a. Nous savons qu’il souffre. On nous a dit qu’il était autiste. Il en présente certains traits mais pas tous et clairement il communique mal mais il communique. Pour certains psys, c’est de ma faute. Pour d’autres, tout va bien, vous êtes une angoissée Madame. Ceux là ne sont pas à la maison pour endurer ça.

En plus, ses cris et colères effraient tous les enfants. Jade n’était pas là ce matin, mais dans ces cas là elle se réfugie dans sa chambre complétement chamboulée. Aïnhoa redevient transparente et fait tout pour me faciliter la vie. On ne l’entend plus, elle a peur, ça se lit dans ses yeux. Quand à Sasha, il pleure tout doucement. Les crises de Gabriel ont des répercussions sur toute la famille.

Au final, je l’ai trainé jusqu’à la voiture hurlant. Impossible de l’attacher bien sur. Sur le chemin, j’ai pensé à ces regards que j’allais devoir affronter une fois de plus. Les regards de pitié de ces mamans si parfaites avec leurs enfants si parfaits. Si vous saviez comme je vous déteste. Les larmes me sont montées aux yeux à l’idée de cette humiliation répétée tant de fois.

Heureusement, j’ai vu la maitresse de petite section de Gabriel qui partait se garer sur le parking des maitresses. Je lui ai emboité le pas. Elle a vu tout de suite que ça n’allait pas et je lui ai expliqué en 2 mots la situation. Elle a donc pris le relais et comme c’est un tiers, il s’est enfin calmé.

Du coup, j’ai pu l’emmener dans sa classe, j’ai prévenu la maitresse. Et je suis partie. Sans un baiser ni un regard. Avec ma honte, ma colère, ma culpabilité. Et face à tous ces gens qui ne comprennent ni ne soutiennent. Donc seule.

Ma petite cuillère est très lourde dans ma main aujourd’hui…

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L’instant – Mon magicien

Sasha sort d’un gros épisode de bronchiolite qui a duré 10 jours. 10 jours où son sommeil fut agité, les nuits courtes et rythmées par ses quintes de toux.

Enfin, en début de semaine, le mieux a fait son apparition. Le temps de se recaler et nous avons retrouvé nos nuits. Mardi soir, je l’ai donc couché après l’avoir endormi dans son petit lit à cododo. C’est le seul moment ou presque où je peux avoir un moment à moi, sans le bercer et sans les autres enfants non plus.

J’ai sorti mon tricot, devant la télévision. Quand il s’est mis à pleurer, vers 23h, j’ai pris le temps de finir mon rang, ranger. Le temps de tout éteindre dans le salon, ses cris devenaient plus perçants. Quand je suis arrivée dans la chambre il sanglotait très fort.

Je me suis déshabillée et je l’ai attrapé tout secoué de ses sanglots.

Immédiatement, il s’est lové contre moi. Il s’est tu instantanément. Il s’est enfoui au creux de mon cou. J’ai eu le sentiment qu’il me respirait tout comme moi je le respire souvent pour avoir son odeur dans le nez. Il a eu un énorme soupir. Et s’est rendormi. Je l’ai entendu me dire « Enfin, tu es là. Maintenant, le monde peut s’écrouler, tu es là ».

Mon sentiment à cet instant précis est indescriptible. A la fois, je me suis sentie si indispensable, si aimée et en même temps si comblée.

Quand je regarde ma vie, je ne la trouve ni simple ni  joyeuse. Mais mon magicien m’a offert quelques minutes d’un bonheur indicible.

Je dédie ce billet à Barbidou et LN78990 Je croise pour vous les filles…


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L’instant – Sasha et la bronchiolite

Parce que 140 caractères c’est un peu court, un petit article pour donner des news et vous remercier pour votre soutien.

Sasha a commencé la kiné respiratoire hier matin. Il crépitait peu et on pensait qu’il n’y aurait pas besoin de grand chose pour qu’il aille mieux. Et puis à partir de 14h, il a vomi systématiquement à chacune des tétées. A 16h, il a commencé à respirer plus vite, de façon plus superficielle, à vouloir dormir. A 19h30, sa poitrine s’est creusée malgré la ventoline. Le 15 me donne le nom du médecin de garde. C’est un con incompétent. Je pars aux urgences.

Urgences pour une fois archi blindée, Sasha est prioritaire mais ce n’est pas non plus une urgence vitale. On finira par une radio pulmonaire qui montrera un épaississement bronchique mais pas de foyer. Ouf. On lui fait un aérosol et je rentre à 2h.

Il ne va téter qu’à 5h et 7h du matin mais il ne vomit pas.

La kiné de ce matin s’est nettement moins bien passée et son état s’est dégradé. Il est très encombré. Le kiné ne reconnait pas le bébé d’hier. Donc on continue la kiné, rendez vous pris pour demain. Il dort depuis, il n’a pas mangé depuis 7h.

Et maintenant une liste de remerciement parce que je suis très touchée que des gens que je ne connais que par un biais me soutiennent autant (et ma famille ne prenant pas de nouvelles) :

Donc merci à Thepupuce, Clem_en_Correze, Perlificoquette, Aude Tigresse, Papa un jour, ninie en Normandie, Barbidou, Chocophile, PetitBourgeon, Voilapapa, Vivi, LaMijaurée, pépite_dor, obiwanseb, VanilleCitron, Oceanellys, Voila Desquestions, LaMereAFrange, DoudouStiletto, zozomum, julesetmoa, _plasticienne, uhuhohuhak, Danslapeaudunefille, Green Witch, petitrésors, Mamanwhatelse, Vaallos, LN78990, Nuage de Lexou

J’espère n’avoir oublié personne. Merci


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L’instant – Jour de vacances d’une maman excédée

Premier billet des vacances. Je n’ai pas eu le temps d’en faire un avant.

Il faut dire que les 3 derniers me prennent tout mon temps. Aujourd’hui est une journée apothéose dans la fatigue, le ras le bol, l’exaspération. Je passe mon temps à crier. Pour toutes les âneries et disputes de mes 2 du milieu.

Depuis dimanche, nous avons un nouvel habitant avec Hona le golden Retriever qui comme tout chiot de 2 mois qui se respecte n’est pas encore propre. (J’ouvre une parenthèse pour dire que oui je n’avais pas besoin de travail en plus, mais c’est comme ça, j’ai accepté, j’en chie mais je l’ai voulu aussi. Fin de la parenthèse pour les donneurs de leçons) Et depuis hier nous avons aussi Mme Bronchiolite qui s’est invitée, dans une forme mineure pour le moment, mais c’est bien chiant et je suis bien inquiète. ( J’ouvre une deuxième parenthèse pour dire oui j’en ai 4, oui j’ai l’habitude et oui je suis toujours aussi angoissée quand ils sont malades. Ou pas d’ailleurs. Fin de la parenthèse)

Et je crie. Beaucoup. Contre mes deux. Qui ont le diable au corps et c’est pas peu dire. Ils se battent. Ils se mordent. Si je suis objective d’ailleurs, c’est surtout Aïnhoa qui a la main leste et la dent dure. Son frère, lui, a de l’entrainement question cris perçants. Ils jouent aussi et retournent leur chambre.

Le début de ce billet est du 7 novembre. Nous sommes le 10. Tout est dit. Demain, c’est le dernier jour des vacances et je trépigne d’impatience. Je n’en peux plus.

Des recettes, des idées pour les vacances de noël ? Parce qu’avec l’excitation, je préfère pas imaginer. Je crois que j’en aurai un de moins à la fin des vacances…