instantdeparents

Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Wonder Maman

Souvent j’entends « Je sais pas comment tu fais avec 4 ». Souvent j’ai envie de répondre « J’ai pas vraiment le choix à moins d’en vendre 1 ou 2 ».

Vous aurez donc compris que cette question me soule un tantinet.

Au delà du fait que je trouve la phrase déplacée,  je n’ai pas le sentiment de faire quelque chose d’extraordinaire.

Mais je peux bien le dire, je pars avec des as dans la manche.

D’abord, j’ai une santé de fer. Jamais malade, ou très peu. Et c’est indéniablement un avantage quand les 5 autres membres de la famille succombent les uns derrière les autres à la gastro. Surtout que 2 de mes enfants ne savent que vomir sur leur mère.

Ensuite, même si je suis une grosse dormeuse et j’adore ça, en particulier le matin, je peux me passer assez facilement de sommeil. Pour moi, la première année avec un bébé est assez facile. Après je m’essouffle. Mais comme j’ai un mari qui  est du matin, en général, c’est lui qui gère le 7 à 9 et moi je dors le week end.

Je sais aussi demandé de l’aide. 3 ou 4 mois avant d’accoucher des 2 derniers, je n’ai eu aucun scrupules à solliciter la PMI pour bénéficier d’une AVS. Une dame vient à la maison faire mon ménage 3h par semaine. Et je viens juste de les re solliciter car les soucis de Gabriel impactent le quotidien.

Je n’ai pas non plus de scrupules à inscrire mes enfants à la cantine ou à la halte garderie une fois par semaine quand ils ne sont pas encore scolarisés. Et je ne le fais pas pour eux. Ici, la cantine scolaire appelle les lentilles des légumes, c’est dire. Et vu que les 3 derniers sont rapprochés, question socialisation, je pense qu’ils ont ce qu’il faut. Non, c’est juste pour moi. Si je suis reposée, apaisée parce que j’ai passé un moment seule, je suis beaucoup plus disponible ensuite avec eux.

J’essaye de ne pas laisser le doute m’envahir. Bien sur, comme toutes les mamans, je me pose des questions sur le bien fondé de mes décisions. Mais une fois prises, j’avance. Et je ne regrette pas. Ce qui est fait est fait et on ne peut pas revenir en arrière.  Face à un problème, comme nous en rencontrons avec Gabriel, je vais chercher la solution et pas des responsabilités. Je perd moins de temps.

Je me fixe des objectifs réalisables sans culpabiliser que tout ne soit pas parfait. Mes enfants arrivent à l’heure à l’école tous les jours, propres ou à peu près, dents brossées, coiffés, cartable complet. En revanche, ma maison, quand je pars, est souvent en chantier. Voir pire. Dans un bordel incroyable. J’ai accepté de lâcher prise sur certaines choses. En ce moment, j’essaye de trouver une organisation différente pour que ce soit autrement mais si j’échoue tant pis. Je ne peux pas être sur tous les fronts ni wonder woman justement.

Alors dites comme ça, les choses semblent très zen pour moi. Disons que concernant ma « marentalité », j’ai peu de problèmes avec. Je fais des erreurs, je me remet en question mais j’avance et cette partie de ma vie me donne le sourire. Il y aura des jours où je me demanderais où j’ai merdé, pourquoi j’ai fait ce choix mais globalement, je me sens bien.

Alors, non, définitivement pas wonder maman. Quand ma 3ème est arrivée, je n’ai pas eu le sentiment que cela augmentait ma charge de travail. Pour le 4ème non plus. Objectivement, elle l’est si on compte les machines de linge mais rien de dramatique.

Je suis une maman heureuse dans son rôle et épanouie. Bien des aspects de ma vie sont loin d’être parfaits et me laissent un goût d’amertume dans la bouche, mais celui ci, si l’on excepte mon inquiétude pour Gabriel, est juste… comme pour vous avec 1 ou 2 ou 3 ou 9 enfants.

Si j’étais une wonder maman, vous le seriez tout autant que moi. Ou des wonder papa.

Le simple fait d’être parent nous rend magiques. Pas la quantité.

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L’instant – Jusqu’à présent, je me suis tue

Jusqu’à présent je n’ai rien dit. J’ai lu sur Twitter des messages qui appelaient à manifester contre le droit de certaines personnes à se marier et à adopter. J’ai vu passer sur mon mur Facebook des messages d’insultes à l’encontre d’une communauté, du Président de la République.

Jusqu’à présent, je me suis tue.

Aujourd’hui, une loi va autoriser qu’un homme ou une femme puisse se marier avec la personne qu’il aime. Pas avec son chien, son enfant ou un harem. Non, une loi va encadrer le droit à certaines personnes de pouvoir se marier.

Cette loi n’imposera pas à l’Eglise, quelle qu’elle soit (catholique, protestante, juive, musulmane, bouddhiste…), de marier des personnes homosexuelles (puisque l’on parle de ça). Non. Et puis d’ailleurs c’est impossible puisque nous sommes dans un état laïc.

Cette loi n’imposera pas aux personnes hétérosexuelles de se marier. Il s’agit d’un acte qui dépend uniquement de notre volonté.

Cette loi n’imposera rien aux personnes hétérosexuelles.

En fait, cette loi ouvre un droit à une catégorie de personnes. Droit que nous, hétérosexuels, nous possédons du fait de notre sexualité.

Je rappelle l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

Alors, à vous tous qui manifestez avec tant de force pour empêcher une partie de vos concitoyens de faire ce que vous avez le droit de faire du fait de votre orientation sexuelle, je n’ai qu’une envie, c’est de vous insulter. Je ne le ferai pas. Mon éducation, mon respect d’autrui s’étend à vous aussi.

J’ai juste envie de vous dire. Ne croyez vous pas qu’il y a des combats autrement plus important que de savoir que certains pourront s’aimer avec la bénédiction de l’Etat ?

En bref, les homos vont pouvoir se marier, hériter, adopter, divorcer, porter le même nom ou pas, avoir une jolie fête ou pas comme vous.

Votre campagne qui n’est rien d’autre que de l’homophobie qui ne dit pas son nom me donne envie de vomir. Sous prétexte de défendre le droit des enfants adoptables à avoir un père et une mère, vous vous donnez le droit d’interdire à autrui ce que vous pouvez faire.

Le jour où je vous verrai vous mobiliser pour qu’un enfant que vous savez en danger soit sauvé, pour qu’un adulte ostracisé soit respecté, qu’une famille sans toit soit hébergée, ce jour là je pourrai sans doute vous pardonner votre intolérance.

Les homos ne seront pas des époux parfaits, des parents parfaits. Tout comme vous. J’ai honte non pas de mon pays mais de l’image que vous en donnez. Un pays intolérant, homophobe, raciste.

A défaut d’agir avec fraternité, vous pourriez agir avec intelligence. Pas celle du coeur, vous montrez si bien que vous en êtes dénués.

Pour ceux qui me suivent sur Twitter, je vous informe qu’il vaut mieux nous séparer, nous n’avons pas les mêmes valeurs.


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L’instant – Je me suis faite tagguer

LiebsterAward

Pour la 1ère fois de ma vie bloguesque, j’ai été tagguée !! Et je découvre par la même occasion que l’écriture dirigée est un poil compliqué pour moi mais je me lance !

J’ai donc été tagguée par Supamam pour le Liebster award. Il s’agit de récompenser les blogs que l’on préfère. Je suis donc très honorée d’être sélectionnée. Merci Supamam !!

Maintenant les règles. Le but est de faire découvrir des petits blogs (moins de 200 followers) que l’on aime. Ensuite  il faut raconter 11 choses sur soi. Répondre aux 11 questions posées par le taggeur. Faire la liste des 11 blogs que l’on aime et que l’on veut faire découvrir. Les informer qu’ils sont tagués. Et poser 11 questions. Rien que ça !

Donc raconter 11 choses sur moi

  1. J’adore chanter et je chante pas trop mal. Si je suis seule.
  2. Je rougis. Beaucoup. En fait, je suis très timide et je le cache sous mes airs bravaches.
  3. Je déteste faire à manger. Je le fais et plutôt bien mais je déteste ça.
  4. J’ai des jambes poteaux. La faute à la génétique mais du coup je ne met jamais de robes ou de jupes courtes. Grand grand complexe.
  5. J’ai rencontré mon mari sur Meetic.
  6. J’ai des tocs. Le truc bien chiant. L’un d’eux m’interdit de poser mes pieds nus par terre. Adieu camping.
  7. Je n’ai aucun vaccins à jour depuis 20 ans. A cause de ma phobie des intra musculaires.
  8. Je ne suis allée qu’à 2 concerts dans ma vie. Et pas de regrets.
  9. Je suis une fan de Dalida. Mais que les chansons tristes.
  10. J’adore trainer au lit. Je pourrai y rester des journées entières. Y manger, y lire. Sauf que ça fait très très longtemps que ça ne m’est pas arrivé.
  11. Je ne veux plus jamais avoir un patron. Jamais jamais. A moi d’inventer une solution pour mon futur travail.

Ouf !!

Maintenant mes réponses à Supamam

  1. Mon métier ? Je suis libraire même si je n’exerce plus. Maintenant, je suis mère à plein temps.
  2. A qui ressemblent mes enfants ? A leur père et exclusivement à lui. Ils n’ont rien de moi à mon grand regret parfois.
  3. Chocolatine ou pain au chocolat ? Pain au chocolat et définitivement. Comme mon mari utilise chocolatine les enfants sont un peu perdus. Mais je n’en démords pas. Il s’agit de pain au chocolat 🙂
  4. Ce qui me fait râler ? La bonne questions serait qu’est ce qui ne me fait pas râler ? Et j’ai pas encore trouvé.
  5. Tu gagnes à l’Euromillions, qu’est ce que tu fais ? J’achète des maisons. Plein de maisons. Je met toute ma famille dedans et j’achète encore des maisons.
  6. As tu une phobie ? Une ? Non !! Plein de phobies cf le point 6 des trucs sur moi.
  7. Mariée, pacsée, concubinée ? Mariée mais en fait je m’en fous.
  8. Mode de déplacement favori avec bébé ? Sur mon dos en écharpe, mais bébé est pas toujours d’accord.
  9. Mon jeu favori de quand j’étais petite ? Le 1000 bornes.
  10. Lavable ou jetable ? J’ai abandonné les lavables quand je suis passée à 2 machines par jour. Et pendant 2 mois j’en ai eu 3 en couches. Ingérable…
  11. Est ce que je connaissais ton blog avant ? Oui je connaissais car je vais visiter les blogs de tous les gens que je suis sur Twitter.

Et enfin mes questions aux taggués

  1. Baskets ou escarpins/mocassins ? Oui je sais la question qui tue mais je ne suis qu’à la première et je cale déjà.
  2. Mer ou montagne pour tes vacances ?
  3. As tu déjà assisté à un spectacle de strip tease ?
  4. Es tu abonné à un magazine ? Si oui, et si tu veux, tu nous dis lequel ?
  5. Parles tu plusieurs langues ? Le(s)quel(s) ?
  6. Quel don ferais tu à l’humanité ?
  7. Le prénom que tu aurais rêvé de donner à ton enfant et que ton conjoint a refusé ?
  8. Fleurs ou légumes dans ton jardin ?
  9. Le truc que tu aurais voulu savoir faire de tes doigts ?
  10. Le métier que tu voudrais que tes enfants ne fassent surtout pas ?
  11. Tu as joué à mon jeu pour gagner une grue sur mon autre blog ? ICI

Et les heureux gagnants du tag sont

Barbidou

Clem en Corrèze

Jules et moa

Miléna Poncik

Obiwanseb

Oceanellys

Uhuhohuhak

LN78990

Unperfect Mum

Running et talons hauts

Once upon a mum

Bonne chance à tous !!


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L’instant – Sur un petit air de Zaza

Zaza nous propose un petit rendez vous le lundi et comme aujourd’hui j’ai un peu de temps je décide de participer. Surtout qu’il s’agit de se présenter à la façon d’Amélie Poulain. Que personnellement je ne connais pas, puisque comme souvent, il s’agit d’un film que je n’ai pas vu.

Chiawaze aime… lire allongée, blottie au fond du lit qui sent bon le dehors. Conduire seule avec la musique très très fort. Boire un jus de citron sans sucre surtout. Que la main de mes enfants se glissent dans la mienne sans que nos regards se croisent. Leur 1er sourire du matin. Manger debout dans la cuisine les yeux dans le vague. Avoir des amis sur Twitter qui m’écoutent, me soutiennent. Boire une bière le soir sur ma terrasse en chuchotant pour ne pas réveiller les enfants. La plage l’hiver avec le soleil. Marcher dans les bois seule. Etre seule.

 

Chiawaze n’aime pas… qu’un de mes enfants soit malade et que je ne puisse pas le soulager. Etre obligée de prendre ma voiture pour aller chercher le pain. Mon nouveau corps d’après mes grossesses. Manger sucré/salé sauf le canard. Les jugements. Ne pas pouvoir inviter mes amis de Twitter à bruncher dans mon jardin tous les dimanches. Ne pas avoir d’amis IRL qui viennent bruncher chez moi le dimanche. Les yeux de mon Gabriel toujours si tristes. Etre loin de ma famille. Etre seule.

 


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L’instant – 12 avril 2009

Oui, un nouvel anniversaire. Celui d’Aïnhoa. Peut être celui qui fut le beau, le plus fort. Celui qui fut le plus douloureux. Physiquement et moralement. Celui qui m’a laissé le plus de traces. Celui qui explique mes peurs pour ensuite celui de Sasha.

Et une fois encore, pour raconter la naissance d’Aïnhoa, je vais devoir remonter un peu le temps.

Je suis tombée enceinte le 8 juillet 2008. Oui précis, je sais quand j’ovule. Nous avions programmé notre mariage le 23 août. Sauf qu’entre temps, ma future belle mère est tombée dans les escaliers et est devenue tétraplégique. Oui, j’ai une vie simple et pleine de bonheur. Nous avons maintenu notre mariage mais il fut raté. Pour le bébé, il a décidé de rester avec nous. Une bonne nouvelle dans un océan de misères. Mais avec le coma, la rééducation, les soucis, j’ai oublié de m’occuper de mon nombril et de ce qu’il y avait dedans. J’ai donc accepté une choriocentèse qui m’a révélé que mon bébé allait bien et que c’était une fille. Pour le reste, j’ai vécu une grossesse entre parenthèse.

Ma belle mère s’est gentiment laissée aller pour mourir. Elle m’a juste fait la promesse de rester jusqu’à la naissance de la petite.

Naissance prévue pour le 10 avril. Le 7 avril ma belle mère fait un AVC majeur. Nous savons que c’est la fin. Le 10, je tente de la voir mais le service de réa n’aime pas les femmes enceintes jusqu’aux yeux. Blague à part, c’est moi qu’ils protègent. Et ma puce qui ne s’annonce pas. Dans ma mater, ils déclenchent à J+4. Le 11, nous allons à Ikéa. Soyons fous. Le 12 au matin nous allons faire le plein de courses. Je suis énorme, on me regarde les yeux ronds. En rentrant je dis à mon mari qu’il va falloir qu’il se dévoue. Je lui parle du déclenchement à l’italienne. Son enthousiasme se lit sur son visage. Mais bon. Il faut ce qu’il faut.

Le soir, on invite un ami pour le dîner. Chéri a pas trop le moral. Il sait que sa maman va décéder d’un jour à l’autre et qu’il va être de nouveau papa dans le même temps. Je ne suis pas dans sa tête mais vu la tempête dans la mienne, j’imagine un peu pour lui.

Ce soir là je vais manger un demi Caprice des Dieux. Oui, pas bien. Mais je me suis dit que c’était sans doute la dernière fois que je pouvais me goinfrer comme ça. Je vais me coucher tôt en laissant les deux hommes se mettre un peu la tête à l’envers. Je dors dans la chambre du bébé où il y a un divan depuis quelques jours. Je bouge beaucoup la nuit, je me lève souvent.

Je m’endors comme une bûche. Ca faisait longtemps que je n’avais pas dormi comme ça. A 1h je me réveille comme si c’était le matin. En pleine forme. Si on oublie la nausée. J’ai un mal de mer carabiné. Fichu fromage, ça m’apprendra à être aussi gourmande.

Je me lève dans l’espoir de vomir. Mais non. Je m’installe alors dans le salon devant la télé. J’attends que le sommeil revienne. A 2h une contraction. J’en ai régulièrement depuis le 4ème mois. Donc je relativise. 2H20 encore une. Elles reviennent. De plus en plus souvent. Toutes les 10mn. Mais elles ne sont pas douloureuses alors je compte et j’attends. Toutes les 8mn. Toujours pas douloureuses.  Mais comme j’ai accouché 20mn après le début des contractions douloureuses la dernière fois, on va peut être envisager le départ. Il est 5h30. Je vais réveiller mon mari. Je pars sous la douche. Je retourne réveiller mon mari. « Mais elle peut pas arriver dans la journée ? » Non, visiblement elle peut pas.

Je pars appeler la baby sitter pour venir garder les 2 autres. Je vais réveiller mon mari. Contractions toutes les 5mn. La baby sitter arrive. Je vais réveiller mon mari. Oui 4 réveils seront nécessaires. Il est 6h15, nous partons enfin. Les contractions reviennent régulièrement peu douloureuses. 20mn nous sommes dans le service de maternité. La sage femme m’examine. A peine à 1, les contractions sont là mais bon… J’apprendrais plus tard qu’elle a parié pour un accouchement que le lendemain. Elle décide de me garder mais direction la chambre. Je demande si la salle nature est dispo. Oui, ouf ! Il est 7 h. Je rentre dans la chambre.

Tout de suite, l’intensité des contractions augmente. Je souffle, j’essaye de rigoler. J’y arrive déjà plus. J’écoute de la musique, je m’assieds sur le ballon. En vain, rien ne me soulage. Mon mari appelle la sage femme. Vous voulez la baignoire ?

Petite aparté : Dans ma maternité, on peut accoucher dans l’eau. Je ne sais pas nager, l’eau n’est pas un élément familier mais je veux accoucher dans l’eau.

Oui, je veux la baignoire !!!! Elle m’informe que les contractions et le travail risque de ralentir. Je SAIS ! Il est 7h40. Elle revient me chercher. Il est 8h, la baignoire est quasi pleine. Je rencontre la sage femme qui m’accompagnera. Christelle, qui deviendra une amie et qui sera là pour Sasha 3 ans plus tard.

Je rentre dans la baignoire, il doit être à peine 8h. Je n’en bougerais plus. Je ne pourrais pratiquement plus bouger, crucifiée par une douleur inhumaine. Christelle m’expliquera plus tard que j’ai sans doute exprimé tout le chagrin accumulé pendant les 9 derniers mois. Durant tout ce temps où je vais crier puis hurler, pleurer puis sangloter, supplier, arracher la main de mon mari, elle va m’accompagner de ses paroles, de ses encouragements.

Je vais très vite rentrer en phase de désespérance. Sauf que je ne vais pas la reconnaitre. Elle si, heureusement. Je vais supplier pour avoir la péridurale. Elle va me dire que ce n’est pas possible dans la baignoire. Je vais implorer pour avoir du protoxyde d’azote. Impossible encore, il faudrait que je sorte.

Il est 9h. Tout à coup, je n’entends plus rien. Je panique. Christelle doit appeler du renfort, je cherche à me sauver. Je ne suis plus qu’un animal que la douleur rend folle. Et puis, cette envie de pousser qui arrive. Je ne vois plus rien, je ne sens plus de douleur.

Je pousse en expirant, tout en douceur presque. Elle arrive. 1 fois, 2 fois sur la 3ème poussée, je la vois qui arrive. Elle est encore dans l’eau. Son corps pivote en sortant. Elle ouvre les yeux et nous échangeons notre 1er regard. Un instant d’éternité. Je me penche. Je l’attrape. Je la sors de l’eau. Contre moi. C’est fini. Plus de douleur. De la joie. Que de la joie.

Je devrais sortir pour la délivrance. Mais j’ai mon bébé contre moi. Je me sens bien. En pleine forme même.

Je garde un souvenir mitigé de cet accouchement. Christelle se souvient d’un accouchement magnifique. Moi je me souviens d’un accouchement douloureux. D’ailleurs à l’époque, je me souviens avoir dit que le prochain, ce sera avec péridurale. Je garderais une peur de la douleur qui rejaillira lors de la naissance de Sasha.

Avec le recul, je crois que cette douleur était nécessaire. Je ne m’étais pas occupée de cette petite durant le temps de ma grossesse. La douleur m’a rappelé qu’elle était là et qu’elle avait besoin de moi. Je crois aussi avoir pleuré pour notre malheur, notre souffrance. Et plus basiquement, parce que je suis passée de 1 à l’expulsion en 2h.

Je suis sorti de la maternité le 14 avril à 11h. Cet après midi là, à 15h, mon mari donnait son accord pour débrancher sa maman des machines qui la maintenait en vie. Elle s’est éteinte vers 16h.

Aïnhoa est née le 12 avril 2009 à 9h11 et c’est tout ce que nous retenons comme date pour le mois d’avril. Un moment intense de joie et de bonheur


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L’instant – J’en ai un peu ras le bol

Nous sommes une famille de 6. 2 adultes et 4 enfants. Je ne compte ni la chienne ni le chat, on est bien d’accord. Nous avons la chance d’avoir une grande maison de 120 m2 posée sur un terrain de 900. Nous avons 4 chambres, un bureau/salle de cinéma pour mon mari, 1 salle de bains et 1 toilette. Nous avons aussi une grande salle de vie ainsi qu’une cuisine ouverte dessus. Les anciens propriétaires ont fait les aménagements et la décoration à l’économie donc en achetant nous savions que nous ferions des changements profonds pour tout ça.

Avec l’arrivée d’Aïnhoa, divers mésaventures ou deuils la maison est restée dans l’état. Puis Sasha s’est rajoutée à notre petite tribu. Et, nous avons envisagé il y a 6 mois d’agrandir la maison. Nous voulions avoir 2 salle de bains, 2 toilettes pour éviter les queues, nous voulions avoir un espace parents séparés des enfants et que chaque môme est sa chambre.

J’ai donc commencé à cavaler les artisans, les dessinateurs. Nous avons déposé un permis de construire il y a 2 mois pour une extension de 50 m2  en étage. Les travaux comprenaient une suite parentale avec 1 chambre, 1 dressing, 1 salle d’eau, 1 bureau pour mon activité et 1 salle de cinéma pour mon mari. Du coup, on intégrait aux frais, une nouvelle cuisine (mon rêve), on refaisait les sols et les murs du bas par la même occasion. Les chambres étant petites pour les enfants, on leur faisait une salle de jeux dans l’ancien bureau. Et on se mettait une cheminée dans le salon.

Bref, un rêve de maison adapté à  nous, nos envies, nos rêves. J’ai investi beaucoup de temps, d’énergie, d’enthousiasme dans ce projet. Beaucoup de fatigue et de rêve.

Vous l’aurez compris, ce rêve n’aura pas lieu. Rien que d’en parler, j’ai envie de vomir. Ma déception est à la hauteur de l’énergie mise dans ce projet.

Les raisons en sont simples. La banque nous demande d’hypothéquer notre maison pour garantir le crédit. Notre maison est payée. Intégralement. Nous n’envisageons pas un seul instant de la voir saisie si jamais un jour nous sommes en difficulté. Il s’agit de notre patrimoine.

Pourquoi la banque nous demande t elle une hypothèque alors que nous n’avons pas de crédits ? Parce que nous n’avons qu’un seul revenu. Mon activité ne me rapporte pas un centime. Si à l’heure actuelle les mensualités pourraient être assumées, d’ici 2 ans Jade va partir vivre chez son père. Donc d’ici 2 ans, je risque fort de me retrouver à payer une pension alimentaire à cet enfoiré (Vous la sentez la colère qui monte ?). Et nous ne prendrons pas ce risque.

Alors bien sur, nous avons la chance d’avoir un toit sur la tête. Un endroit où nos enfants sont au chaud, où il y a beaucoup de place. Un endroit qui est à nous (si on excepte certaines subtilités). Et que personne ne peut nous prendre.

Mais ces travaux devenaient aussi le symbole d’un renouveau pour mon couple, notre famille.

Oh bien sur, je vais redresser la tête, retenir mes larmes jusqu’à en vomir s’il le faut. Je vais contacter chacun des artisans choisis avec tant de soin.

Mais je suis déçue au delà des mots. Ce projet me tenait à coeur. Et j’en ai un peu ras le bol.


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L’instant – Le point Sasha

Comme je n’ai pas Que des enfants à problèmes, des news de mon bébé bonheur.

Sasha fait ses nuits. Oui Madame. Comme prévu en rentrant de mon séjour à Paris (le récit ici) j’ai décidé que cela suffisait. Et comme je savais pas comment faire, j’ai impliqué le papa. En fait, je lui ai refilé le bébé ! C’est à dire que c’est lui qui s’est collé au coucher et au lever la nuit. Et ça a marché. Le 1er coucher aurait pu être saignant mais vu qu’il avait pas dormi de l’après midi, Sasha était crevé et s’est endormi relativement rapidement. La nuit 2 réveils. Papa s’est levé à chaque fois, l’a câliné et recouché. 40mn de pleurs et dodo. La nuit suivante, idem et la troisième nuit 1 seul réveil. Il n’y a pas eu de 4ème nuit et c’est réglé.

Bien sur, nous avons profité d’une période où il n’avait pas mal aux dents, n’était pas fiévreux et semblait serein. Tout va bien. Il dort ses 12h en se couchant vers 19h30. Il se réveille vers 7h. Il dort parfois le matin mais a tendance à trop dormir pour le coup et du coup a du mal l’après midi. Et il dort l’après midi entre 2 et 3h.

Pour l’astuce, je crois qu’il n’y en a pas. J’étais prête, lui aussi. Je crois que j’ai aussi accepté de le voir passer cette étape sans moi. C’est le papa qui a accompagné et même si ça ne fait pas plaisir, il a réussi.

Et du coup, Sasha a sa chambre. On a retiré notre lit et cet espace qui devait devenir le sien que plus tard l’est devenu en 2h. Accessoirement, je repartage mon lit avec mon mari. Pour la paix du ménage, ce n’est pas négligeable.

Sinon, Sasha mange très bien. C’est même un estomac sur pattes. A partir du moment où nous mangeons quelque chose il veut goûter. Il sourit tout le temps. Enfin, presque. S’il y a une chose qu’il ne supporte pas, ce sont les entraves. Donc, l’attacher dans la voiture, sur sa chaise haute ou lui changer sa couche est un enfer.

Je dois faire la visite des 1 an assortie de deux vaccins. Sauf que j’hésite à lui faire faire l’un d’entre eux. Du coup, je retarde. Je pense aller prendre rendez vous chez mon généraliste pour avoir son opinion. Et éventuellement abandonner ma pédiatre qui est pro vaccins et tant qu’à faire tous sans remise en question. Ce qui est dommage, car en dehors de ça, elle est parfaite.

Sasha se tient debout en se tenant. Il commence même à se lâcher. La marche à 2 pattes devrait bientôt suivre. Et vu comme il a envie d’aller se balader dans le jardin, je n’ai pas fini de lui courir derrière.

Il parle pas énormément. Il sait juste dire maman, papa et tétine. Oui, tétine. Sinon, il jargonne.

En bref, c’est un amour. Il rigole tout seul ou avec nous, il chante, il parle, il crie, il découvre, il câline.

Une merveille…