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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Le point Gabriel

Nous sortons du CMPP.

Le point positif, c’est que pour la 1ère fois, on nous a dit « Vous êtes à bout » Bravo, vous avez bien deviné. 5ans et demi pour en arriver là, on avance…

Et pour les points positifs, bah on a fait le tour ! Et passons aux points négatifs. Au pluriel bien sur.

1ère point, le résultat du bilan nous sera communiqué aux alentours du… 23 septembre ! Youhou ! En entendant la date, j’ai cru que j’allais le mordre. Ils sont débordés mais en 2014, promis ils s’agrandissent.

2ème point, le monsieur n’est pas inquiet. Pour lui, même pas besoin d’aller jusqu’au bilan psy même si on va le faire quand même. Gabriel souffre d’immaturité, d’angoisse et, ce qui nous amènera au 3ème point, de non coupage de cordon !!

TADAM !!! 3ème point Après avoir entendu moultes fois que je ne parlais pas assez à mon petit, aujourd’hui, je parle trop à sa place. Je ne le laisse pas verbaliser et donc je le laisse dans la communication non verbale. Donc, C’EST DE MA FAUTE !!!

Voilà, on en revient à l’essentiel. Alors, parce que je suis prête à tout entendre, parce que je suis prête à tout tenter pour que mon fils aille mieux, je vais le croire.

Pour pouvoir l’aider, il nous a demandé de ne plus parler à sa place (sic), s’il veut dire quelque chose, ne pas le lire sur son visage, le laisser l’exprimer. S’il ne le dit pas, c’est que ça n’existe pas (resic). L’autonomiser un maximum. Le considérer comme un grand et agir avec lui comme un grand.

Zut, moi qui envisageais de le remettre en couches et qui ne me bat pas tous les jours contre cette fichue tétine ! Je vais le faire, même si en dehors du fait de traduire souvent sa gestuelle, j’avais le sentiment d’essayer déjà de le pousser vers l’autonomie.

Par contre, son problème de repères dans le temps, son retard net au niveau de sa gestion des émotions, son manque d’implication à l’école, ses phobies, tout ça c’est rien. Ca, on gère, nous les parents. Après tout, c’est visiblement pas un problème à part pour nous. Pareil pour sa tristesse, ses grands yeux perdus qu’il lèvent vers nous dans les pires moments.

Alors, je suis en colère. Je n’ai plus la force de l’être en fait. Mais je le suis un peu quand même.

Notre enfant est à la frange de la normalité. Il ne gère pas ses émotions ou mal. Il est intelligent mais pas précoce. Il a un retard mais qui n’a pas de conséquences scolairement parlant. Pour le reste, parents, DEMMERDEZ VOUS !

Sinon, tout va bien…

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L’instant – Le 28 mai 2007

Et voici venu le moment du dernier récit de la naissance de mes enfants. Celui qui concerne Gabriel. Mon trésor, mon cadeau, mon différend.

Mon terme était prévu le 28 mai. Le 25, j’ai rendez vous avec mon gynéco. Je n’en peux plus. Il me propose de m’hospitaliser le 27 au soir pour  un déclenchement le 28. Ca tombe bien, il est de garde ce jour là à la clinique.

On ne discutera pas sur les intérêts économiques et d’agenda de mon obstétricien. Il est gentil, à l’écoute, il m’a déconseillé une amniocentèse là où beaucoup n’auraient pas pris le risques. Je veux accoucher avec lui. Banco. Sauf si bien sur, bébé pointe le bout de son nez avant.

Le dimanche 27 au matin, je perd un bout du bouchon muqueux et pas mal de liquide. Bingo !  On se prépare, on laisse la grande chez sa copine et direction la maternité. Pas une trace de contractions. A l’examen, toujours pas de contractions, un col bien fermé et surtout pas de liquide amniotique. La sage femme nous propose d’aller faire un tour dans le jardin, de manger à la cafeteria et de revenir ensuite pour finir l’admission.

Alors, comment dire ? Nous habitons Montpellier, nous sommes le 27 mai, nous n’allons pas nous enfermer pour notre dernier jour à 2 ! La sage femme nous précise que je suis considérée comme hospitalisée donc je ne m’éloigne pas. Mais bien sur. Nous nous sauvons. Comme 2 collégiens qui rigolent de leur blague, nous partons manger dans le centre ville, en terrasse. Nous profitons, nous rigolons. Ensuite direction la maison pour une petite sieste.

Après le goûter, nous repartons. Nous savons que le lendemain, notre bébé sera là. L’admission est finalisée, j’ai droit à la plus petite chambre de la maternité. Pas top vu le prix de la chambre simple. Nous discutons. A 19h, il est temps pour mon chéri de repartir. Dernière nuit seul pour lui.

20h je commence à saigner et à contracter. J’appelle la sage femme. Pas besoin de déclenchement pour moi. Le travail se lance. Je n’ai pas mal. Tout va bien. Je demande à la sage femme d’appeler mon chéri mais elle me propose d’attendre le lendemain matin. Pour elle, notre bébé sera là en fin d’après midi. Les soignants et leurs certitudes.

Donc j’attends. Vers minuit, j’appelle chéri. Ca pince un peu et je n’ai pas envie d’être seule. Il arrive royalement à 1h du matin. Nous habitons à 10mn. Il s’est rendormi, sa spécialité.

La sage femme est avec lui et me propose de prendre une douche. Ca me fait un bien très moyen surtout que chéri est en train de dormir sur mon lit. L’effet psy est vraiment moyen.

Zou, je remet mes vêtements, direction le jardin de la maternité. A cette saison, le jasmin est en fleur et il embaume. Les contractions commencent à faire mal. Quand l’une d’elle arrive, je me lève, je marche en direction du jasmin. Ma récompense de la fin de la contraction est une grande respiration de ce parfum suave, merveilleux. Je me sens femme fleur qui s’ouvre à chaque pas. Ensuite je retourne m’asseoir sur mon banc pour papoter. C’est douloureux mais ça va.

A 3h, je dis à mari qu’il est temps de remonter. J’en ai marre et je veux savoir où j’en suis. Et j’envisage la péridurale quand même. Je prends les escaliers histoire de continuer à faire avancer les choses.

La sage femme arrive pour m’examiner. Elle est persuadée que me poser la péridurale maintenant va faire ralentir le travail. Et visiblement elle me trouve bien chochotte. Premier examen depuis le début du travail. Son visage réapparait un tantinet effaré.

« Vous êtes à 7, votre col dilate à vu d’oeil, pas le temps pour la péridurale, vous filez en salle de travail et vite ! »

Hop hop, elle me fait lever et vite direction l’autre bout de l’étage. Sauf que maintenant j’ai mal. Il est 3h30 et j’en peux plus.

Quand nous arrivons enfin, chéri reconnait la sage femme qui va nous assister. Et, visiblement, c’est pas une bonne nouvelle. En fait, je me suis fritée avec elle il y a une semaine. Très prévenant, chéri me murmure à l’oreille si je veux qu’on demande à changer.

Il dira plus tard que je me suis métamorphosée. « Je m’en fous, je veux qu’il sorte et c’est tout »

Je monte péniblement sur la table. Là, ça y est j’ai mal. Elle s’approche de moi. « Vous voulez quoi ? » « Je vous pose juste la perf » « Ok mais vous mettez rien dedans! ». Je grogne, j’aboie je la regarde de travers. Je veux juste qu’on me foute la paix.

Je veux qu’on appelle mon gynéco. Elle jette un coup d’oeil, me répond qu’il est trop tard, qu’il reste juste un bout de col, qu’il ne faut pas que je pousse.

A cet instant, je me souviens encore de cette pulsion, de cette vague. « M’en fous, j’ai envie de pousser, je pousse » !! Et je pousse sans m’arrêter. La sage femme panique, appelle le gynéco de garde qui arrive ventre à terre sans avoir le temps de s’habiller. Je reprends ma respiration. Je pousse encore, le gynéco n’a que le temps d’attraper mon fils et me le pose sur le ventre.

Il est 3h56. Gabriel a déboulé dans notre vie comme un boulet de canon.

La sage femme cherchera longtemps le dossier qu’ils n’auront pas eu le temps de sortir. Le médecin pourra enfin enfiler sa blouse pour recoudre la minuscule déchirure de mon ancienne épisio.

Durant tout le temps de mon accouchement, j’ai écouté ça. Morceau étrange, lancinant mais qui m’a porté de plus en plus et que j’adore encore maintenant.

Gabriel a 6 ans aujourd’hui et toute cette nouvelle vie qui est arrivée avec lui, si elle n’est pas simple, m’ouvre le coeur un peu plus chaque jour. Mon fils est un peu différent, très compliqué, souvent insupportable mais je peux bien vous le dire, j’ai une tendresse particulière pour lui.

 

 


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L’instant – L’amitié, la seule, l’unique

Jade avait environ 1 an quand un nouveau vendeur est arrivé sur le rayon d’à côté le mien. Chaque étage de cette immense librairie formait une petite communauté et il était facile en passant plus de 8h par jour ensemble, de lier des amitiés. Ce jeune homme (oui à l’époque nous étions jeunes) allait se révéler intelligent, sympathique, rieur. Et surtout marié. Marié à la femme la plus adorable qu’il m’a été donné de rencontrer.

A l’époque, elle était enceinte de son 2ème enfant alors qu’elle avait déjà un petit garçon qui avait l’âge de ma fille. Elle travaillait pour une grosse boîte américaine et elle jonglait entre tous ses impératifs avec le sourire et beaucoup de douceur.

C’est avec elle plus qu’avec son mari que j’ai lié une amitié extraordinaire. Une amitié comme on en rencontre qu’une dans sa vie. J’étais là pour elle, elle était là pour moi. J’étais encore très malade à l’époque et sans mentir, je pense que si je ne l’avais pas connu, je ne sais pas où je serai aujourd’hui.

C’est elle qui m’a appris le bonheur. Elle m’a offert un trèfle à quatre feuilles dans un cadre qui trône toujours dans ma bibliothèque. Un jour, elle m’a offert une bouteille à moitié pleine de sable. Parce qu’à l’époque, je ne voyais que la bouteille à moitié vide. Elle, elle ne voyait la vie qu’à moitié pleine. Elle trouvait toujours un côté positif aux événements même dans les moments difficiles. A l’époque, je n’avais pas le permis, alors quand j’allais les voir, à la fin de la soirée, elle me raccompagnait à la maison et nous restions des heures à parler dans sa voiture devant mon immeuble. Ces moments sont dans mes souvenirs parmi les plus chers.

Elle a organisé le baptême civil de ma fille, nous accueillant chez elle. Son mari était le parrain. Elle nous a offert un moment magique. Et je me souviens avec tant d’émotions de son regard plein d’amour posé sur moi. Elle était heureuse de mon bonheur.

Et puis, un jour, on m’a offert un poste à 750km de là. Une promotion, une opportunité, une chance. Je me suis inquiétée de partir loin d’elle. Je savais que c’était elle qui allait me manquer le plus dans toute ma vie parisienne. Mais je ne pouvais pas refuser une telle offre, alors j’ai accepté. Elle m’y a poussé en y voyant tous les côtés positifs, comme toujours. Durant 1 an, je suis remontée tous les mois à Paris. Ils m’hébergeaient, je me ressourçais auprès d’eux. J’ai bien souvent pleuré dans ses bras. J’étais avec eux lorsque l’on a découvert les 1ères images du tsunami. Mais elle me manquait.

Et puis j’ai rencontré celui qui est devenu mon mari. Ils sont descendus à Montpellier pour le rencontrer. C’est l’une des dernières fois où j’ai vu le parrain de ma fille. Peu de temps après, elle m’a appelé en larmes, effondrée. Son imbécile de mari, celui qu’elle avait porté, aimé, toujours soutenu la trompait. En plus, de la façon la plus inélégante qui soit, sous son toit, dans son lit. J’étais enceinte de Gabriel. Nous passions des heures à parler au téléphone. J’espère avoir su la soutenir. En tout cas, je l’ai écouté. Quand Gabriel est arrivé, elle est devenue sa marraine.

Elle avait décidé de vendre sa maison. Elle a fait venir un agent immobilier. Un homme montagne. Qui l’a rassuré, qui a su conquérir son coeur par sa tendresse, sa confiance, son calme. L’opposé de son ancien mari. Et l’histoire dérape.

Entre son travail très prenant, ses enfants perturbés par le divorce, un ex mari qui faisait quand même n’importe quoi, un nouvel amour, elle a eu moins de temps. Je suis retombée enceinte rapidement après la naissance de Gabriel. Sauf, que les choses ne se sont pas bien passées. Sauf que j’ai perdu mon bébé. Et que la nuit où j’ai fait la fausse couche dans mon salon, je n’ai pas pu la joindre. Je me suis suis sentie trahie, abandonnée par mon amie. La douleur physique n’était rien comparée à cette douleur morale. Le lendemain, ou le surlendemain, quand elle m’a appelé, je l’ai envoyé sur les roses. Je lui en voulais terriblement de ne pas avoir été là.

Nous avons continué malgré tout. Son amitié m’était trop précieuse pour que je la perde. Je gardais un petit coin dans mon coeur un peu noir. Il aurait sans doute mieux valu en parler.

J’ai déménagé. Je me suis mariée. Elle était mon témoin. Mon mariage fut raté si l’on excepte une fois encore son sourire, ses larmes à la mairie. Le traiteur ayant oublié le repas, c’est avec elle et son compagnon que j’ai sillonné la ville en robe de marié pour trouver des saucisses à faire au barbecue. C’est son ami qui s’est changé et qui nous a fait cuire notre repas pour que malgré tout nous puissions profiter. Et toujours, toujours, avec ce sourire, cette joie dans les yeux.

Je ne l’ai plus revu. En écrivant ces mots, 5 ans après, je pleure encore. Au moment de mon mariage, j’étais enceinte. Si vous relisez ici, vous verrez que les circonstances étaient particulières. Je l’appelais, on se parlait au téléphone. Elle était moins souvent présente. Et puis, la date de l’accouchement approchait. J’avais moins de ses nouvelles. Et j’ai accouché. Sans que j’ai de ses nouvelles. Et ma belle mère est décédée. Mon terme était largement dépassée. Elle connaissait ma date. Mais prise dans ses obligations, elle n’a sans doute pas pu appeler. Et moi, triste, désemparée, en colère, je ne l’ai pas fait. Du coup, lorsqu’elle a fini par appeler, une fois encore, je l’ai envoyé sur les roses. Sauf que cette fois ci ce fut irrémédiable. Je lui en voulais terriblement. Par 2 fois, j’avais eu besoin d’elle et elle n’avait pas été là. Comme si je ne faisais pas partie de sa nouvelle vie.

Depuis, via Facebook, nous avons repris contact. Un contact ténu. Depuis avril 2012, je n’ai plus aucune nouvelle. Je lui ai expliqué dans un dernier message que des contacts épisodiques via Facebook ne me satisfaisait pas. Que je voulais plus. J’ai peut être eu tort. Je ne sais pas. J’ai peut être trop exigé. Mais notre amitié méritait autre chose. Elle méritait sans doute bien mieux avant aussi.

Chaque jour, je pense à elle. Chaque jour, je me dis que ce sera peut être le jour où elle m’appellera. Ce billet est sans doute ma dernière tentative de raccrocher. Je ne tournerais pas la page, je ne l’oublierais jamais. C’est mon amie et ça le sera toujours.

Mais si tu lis ces mots Catherine, sache que pas un jour ne passe sans que je pense à toi. Sache que tu fais partie de ma vie. Que tu en feras toujours partie. Que mon numéro de portable n’a pas changé. Que tu comptes autant que chacun de mes enfants. Et qu’aujourd’hui, demain, dans 1 an, dans 10 ans, ma porte te sera toujours ouverte. Je t’aime.