instantdeparents

Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…

L’instant – L’amitié, la seule, l’unique

6 Commentaires

Jade avait environ 1 an quand un nouveau vendeur est arrivé sur le rayon d’à côté le mien. Chaque étage de cette immense librairie formait une petite communauté et il était facile en passant plus de 8h par jour ensemble, de lier des amitiés. Ce jeune homme (oui à l’époque nous étions jeunes) allait se révéler intelligent, sympathique, rieur. Et surtout marié. Marié à la femme la plus adorable qu’il m’a été donné de rencontrer.

A l’époque, elle était enceinte de son 2ème enfant alors qu’elle avait déjà un petit garçon qui avait l’âge de ma fille. Elle travaillait pour une grosse boîte américaine et elle jonglait entre tous ses impératifs avec le sourire et beaucoup de douceur.

C’est avec elle plus qu’avec son mari que j’ai lié une amitié extraordinaire. Une amitié comme on en rencontre qu’une dans sa vie. J’étais là pour elle, elle était là pour moi. J’étais encore très malade à l’époque et sans mentir, je pense que si je ne l’avais pas connu, je ne sais pas où je serai aujourd’hui.

C’est elle qui m’a appris le bonheur. Elle m’a offert un trèfle à quatre feuilles dans un cadre qui trône toujours dans ma bibliothèque. Un jour, elle m’a offert une bouteille à moitié pleine de sable. Parce qu’à l’époque, je ne voyais que la bouteille à moitié vide. Elle, elle ne voyait la vie qu’à moitié pleine. Elle trouvait toujours un côté positif aux événements même dans les moments difficiles. A l’époque, je n’avais pas le permis, alors quand j’allais les voir, à la fin de la soirée, elle me raccompagnait à la maison et nous restions des heures à parler dans sa voiture devant mon immeuble. Ces moments sont dans mes souvenirs parmi les plus chers.

Elle a organisé le baptême civil de ma fille, nous accueillant chez elle. Son mari était le parrain. Elle nous a offert un moment magique. Et je me souviens avec tant d’émotions de son regard plein d’amour posé sur moi. Elle était heureuse de mon bonheur.

Et puis, un jour, on m’a offert un poste à 750km de là. Une promotion, une opportunité, une chance. Je me suis inquiétée de partir loin d’elle. Je savais que c’était elle qui allait me manquer le plus dans toute ma vie parisienne. Mais je ne pouvais pas refuser une telle offre, alors j’ai accepté. Elle m’y a poussé en y voyant tous les côtés positifs, comme toujours. Durant 1 an, je suis remontée tous les mois à Paris. Ils m’hébergeaient, je me ressourçais auprès d’eux. J’ai bien souvent pleuré dans ses bras. J’étais avec eux lorsque l’on a découvert les 1ères images du tsunami. Mais elle me manquait.

Et puis j’ai rencontré celui qui est devenu mon mari. Ils sont descendus à Montpellier pour le rencontrer. C’est l’une des dernières fois où j’ai vu le parrain de ma fille. Peu de temps après, elle m’a appelé en larmes, effondrée. Son imbécile de mari, celui qu’elle avait porté, aimé, toujours soutenu la trompait. En plus, de la façon la plus inélégante qui soit, sous son toit, dans son lit. J’étais enceinte de Gabriel. Nous passions des heures à parler au téléphone. J’espère avoir su la soutenir. En tout cas, je l’ai écouté. Quand Gabriel est arrivé, elle est devenue sa marraine.

Elle avait décidé de vendre sa maison. Elle a fait venir un agent immobilier. Un homme montagne. Qui l’a rassuré, qui a su conquérir son coeur par sa tendresse, sa confiance, son calme. L’opposé de son ancien mari. Et l’histoire dérape.

Entre son travail très prenant, ses enfants perturbés par le divorce, un ex mari qui faisait quand même n’importe quoi, un nouvel amour, elle a eu moins de temps. Je suis retombée enceinte rapidement après la naissance de Gabriel. Sauf, que les choses ne se sont pas bien passées. Sauf que j’ai perdu mon bébé. Et que la nuit où j’ai fait la fausse couche dans mon salon, je n’ai pas pu la joindre. Je me suis suis sentie trahie, abandonnée par mon amie. La douleur physique n’était rien comparée à cette douleur morale. Le lendemain, ou le surlendemain, quand elle m’a appelé, je l’ai envoyé sur les roses. Je lui en voulais terriblement de ne pas avoir été là.

Nous avons continué malgré tout. Son amitié m’était trop précieuse pour que je la perde. Je gardais un petit coin dans mon coeur un peu noir. Il aurait sans doute mieux valu en parler.

J’ai déménagé. Je me suis mariée. Elle était mon témoin. Mon mariage fut raté si l’on excepte une fois encore son sourire, ses larmes à la mairie. Le traiteur ayant oublié le repas, c’est avec elle et son compagnon que j’ai sillonné la ville en robe de marié pour trouver des saucisses à faire au barbecue. C’est son ami qui s’est changé et qui nous a fait cuire notre repas pour que malgré tout nous puissions profiter. Et toujours, toujours, avec ce sourire, cette joie dans les yeux.

Je ne l’ai plus revu. En écrivant ces mots, 5 ans après, je pleure encore. Au moment de mon mariage, j’étais enceinte. Si vous relisez ici, vous verrez que les circonstances étaient particulières. Je l’appelais, on se parlait au téléphone. Elle était moins souvent présente. Et puis, la date de l’accouchement approchait. J’avais moins de ses nouvelles. Et j’ai accouché. Sans que j’ai de ses nouvelles. Et ma belle mère est décédée. Mon terme était largement dépassée. Elle connaissait ma date. Mais prise dans ses obligations, elle n’a sans doute pas pu appeler. Et moi, triste, désemparée, en colère, je ne l’ai pas fait. Du coup, lorsqu’elle a fini par appeler, une fois encore, je l’ai envoyé sur les roses. Sauf que cette fois ci ce fut irrémédiable. Je lui en voulais terriblement. Par 2 fois, j’avais eu besoin d’elle et elle n’avait pas été là. Comme si je ne faisais pas partie de sa nouvelle vie.

Depuis, via Facebook, nous avons repris contact. Un contact ténu. Depuis avril 2012, je n’ai plus aucune nouvelle. Je lui ai expliqué dans un dernier message que des contacts épisodiques via Facebook ne me satisfaisait pas. Que je voulais plus. J’ai peut être eu tort. Je ne sais pas. J’ai peut être trop exigé. Mais notre amitié méritait autre chose. Elle méritait sans doute bien mieux avant aussi.

Chaque jour, je pense à elle. Chaque jour, je me dis que ce sera peut être le jour où elle m’appellera. Ce billet est sans doute ma dernière tentative de raccrocher. Je ne tournerais pas la page, je ne l’oublierais jamais. C’est mon amie et ça le sera toujours.

Mais si tu lis ces mots Catherine, sache que pas un jour ne passe sans que je pense à toi. Sache que tu fais partie de ma vie. Que tu en feras toujours partie. Que mon numéro de portable n’a pas changé. Que tu comptes autant que chacun de mes enfants. Et qu’aujourd’hui, demain, dans 1 an, dans 10 ans, ma porte te sera toujours ouverte. Je t’aime.

Publicités

6 réflexions sur “L’instant – L’amitié, la seule, l’unique

  1. J ai les larmes aux yeux.
    La vie nous sépare mais peut nous rapprocher et c est ce que je vous souhaite sincèrement.
    Bises

  2. J’ai le coeur serré et les larmes aux yeux.. Ma meilleure amie est loin de moi et j’en souffre tous les jours, l’amitié c’est aussi essentiel que l’amour et le manque cruellement dur. Nous avons eu des périodes de crise à une époque, normal sans doute…aujourd’hui je rêve que nous nous rejoignions et je sais que ça n’arrivera jamais, c’est le prix à payer pr avoir rencontré l’homme de ma vie, être seule.. J’espère que vous pourrez vous retrouver, je crois qu’on ne peut pas délier deux personnes qui s’aiment même si la vie est retors..

    • j’espère tant que la vie nous offrira cette nouvelle chance Mais de toute façon je l’attendrais toute ma vie s’il le faut J’espère que pour toi, la vie offrira un rapprochement
      Merci

  3. Je trouve que plus les amitiés sont intenses, plus c’est difficile malheureusement de dépasser les déceptions. Te lire me renvoie à la fin abrupte d’une amitié irremplaçable dont j’essaye toujours de faire le deuil. Je croise les doigts pour que vous vous retrouviez un jour…

    • J’ai tardé à répondre Merci beaucoup j’espère aussi
      Et peut être que faire le deuil n’est pas la solution
      Il y a peut être toujours espoir ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s