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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…

L’instant – Le point Gabriel

21 Commentaires

Après un week end fait de cris, de hurlements, d’injures de sa part, il était temps de faire le point et de vider mon sac plein de larmes.

Dans notre grande naïveté, une fois le diagnostic obtenu, nous pensions que les choses et les mesures d’aide allaient se mettre en place rapidement. Enfin, nous avions conscience que ce serait long. Mais qu’on nous laisse se débattre à ce point là, je ne pensais pas que ce serait possible.

En premier lieu, j’ai pris rendez vous dès le lendemain avec l’assistante sociale de la PMI, pour mettre  en place la mesure d’aide éducative à la maison. C’est la seule chose que j’ai pu faire rapidement. Normal, elle dépendait de moi. Je l’ai donc rencontré. Pour apprendre qu’il fallait qu’elle vienne à la maison rencontrer tout les membres de la famille. Qu’il fallait que j’obtienne l’autorisation du père de ma fille aînée pour l’impliquer dans le processus. Que l’Aide Sociale à l’Enfance (anciennement DDASS pour ceux qui avaient un doute) avait son mot à dire et allait intervenir. Ainsi que le conseil général (pour la partie financement). Je suis sortie de ce rendez vous effondrée, de nouveau avec le sentiment que l’on allait nous juger. Et même pas sure de pouvoir tout faire puisque si connard 1er ne donnait pas cette fichue autorisation, la mise en place de cette mesure serait compliquée vu que Jade vit avec nous.

Heureusement, mon blog, Twitter m’a mise en contact avec une psychologue extraordinaire (merci à toi encore pour tout) qui a de suite répondu à mon mail plein de colère et de peurs, et a su nous rassurer. Un peu.

L’assistante sociale est donc venue mercredi dernier. Comme Jade n’était pas là, elle doit revenir jeudi soir. Ensuite, notre dossier sera exposé en réunion, elle espère début novembre. Ensuite, l’ASE sera saisie. Nous aurons peut être un éducateur en janvier. Ou pas. Parce qu’ils n’ont pas de place non plus. Donc cette mesure censée nous aider à gérer le quotidien avec Gabriel est pour… On sait pas, démerde toi avec ton gosse.

Ensuite. Bah ensuite rien. Parce que le CMPP n’a toujours pas le planning de l’orthophoniste. Donc le rendez vous n’est toujours pas pris pour le bilan. Peut être cette semaine me dit la secrétaire.

La guidance parentale est en attente du résultat du bilan orthophonique.

La mise en place des ateliers thérapeutiques pour Gabriel, bah toujours aucunes nouvelles donc en attente.

Nous avons donc un diagnostic, un enfant en souffrance, une famille en souffrance, des parents qui n’en peuvent plus, et on attend. L’assistante sociale, au vu de notre état, a prévu d’appeler le CMPP pour leur demander de nous voir. Donc nous allons vider notre sac pendant une heure. Et on repartira chez nous, avec notre enfant hurlant sous le bras. Et on attendra.

Gabriel pendant ce temps ? Grâce à une super maîtresse, il progresse énormément sur les apprentissages scolaires, y compris sur ceux que l’on nous avait décrit comme inaccessibles. Grâce à l’école aussi, il progresse dans son apprentissage des gros mots. Qu’il nous ressort pendant ces crises.

Nous avons passé un week end terrible fait de crises, de hurlements, d’injures, de colères. Nous avons pleuré, crié, menacé. Nous sommes à bout de fatigue, de tension. Les vacances commencent vendredi. Et rien qu’à cette idée, j’en suis malade. Malade de devoir le gérer pendant ces 15 jours. Malade de passer 15 jours à attendre la fin de ces putains de vacances pour me débarrasser de lui. Parce que j’en suis là. Parce que les week end sont synonymes d’enfer.

Je suis malade de mon fils. J’en suis à espérer qu’on nous le retire. Qu’il parte dans un foyer que nous puissions souffler. Que nous puissions nous occuper de nos autres enfants. J’en pleure des larmes de sang d’écrire une chose pareille.

Nous avons besoin d’aide. En urgence. Et nous n’en avons pas. De façon rationnelle, je sais que d’ici quelques jours/semaines Gabriel redeviendra l’ange qu’il est souvent. Que les crises vont s’éloigner. Mais en attendant, nous sommes dans une souffrance terrible et avec le sentiment d’être seul au monde. Et nous n’y arrivons plus.

Bref, démerde toi avec ton gosse.

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21 réflexions sur “L’instant – Le point Gabriel

  1. Je vais jeter un pavé dans la marre, je m’en excuse par avance.

    Est-ce que l’aide que tu attends tu pourrais l’avoir si tu n’attendais pas une prise en charge du système mais que tu allais toi-même démarcher et payer de ta main les soignants et accompagnants dont tu as besoin, dont Gabriel a besoin ?

    C’est une vraie question que je me pose, j’espère qu’elle ne te met pas mal à l’aise.

    • Non pas du tout. Nous l’avons envisagé pour la partie orthophonie. Et si nous voyons à la fin de la semaine que ça n’a toujours pas avancé nous le ferons Nous avons déjà le nom d’une personne.
      Pour le reste, en dehors des structures, il est impossible de mettre en place dans le privé.
      Nous avons depuis 5 ans toujours fait appel à des pro payants et souvent non remboursés.
      S’il fallait bouffer des pâtes et des patates sur les 3 dernières semaines du mois pour pouvoir aider Gabriel nous le ferions.
      Et non, elle ne me met pas mal à l’aise 🙂 Mais clairement, nous n’attendons pas une prise en charge du système. Ce fut même notre dernier choix

  2. Je sens la détresse dans tes mots et comme j’aimerai te soulager… Plein de bisous

    • Il faut juste que j’arrive à recharger les batteries Ensuite ça ira mieux.
      Et s’il est comme ça, je pense qu’il souffre encore plus que moi.
      En tout cas merci Bisous

  3. J’ai les larmes aux yeux à te lire, le processus est long et douloureux. Ce que tu décris de ton fils ressemble beaucoup à un élève de ma mère, elle n’en pouvait plus à la fin de l’année scolaire. A la différence de Gabriel, ses parents étaient dans le déni le plus complet et le petit se débattait de toutes ses forces à grand renfort de violence et de gros mots. Entoure toi de personnes de confiance surtout, tout mon meilleur courage.

    • L’avantage, si je puis dire, c’est qu’à l’école il est trop en retrait pour attirer l’attention de façon négative.
      Du coup, on a pas de problèmes avec l’instit et au contraire elle nous soutient à fond en le stimulant encore plus.
      J’espère quand même une amélioration avant les vacances pour nous Autrement ça va être dur
      Merci beaucoup d’être là

  4. Que dire de plus si ce n’est garde courage, vous avez avancé même si pour le moment il n’y a pas de résultats probants.
    Vous allez y arriver, pense très fort à toi.
    Gros biz

  5. Encore une fois plein de courage à toi, à vous…
    C’est terrible cette détresse et ce manque flagrant de soutien…
    Bises

  6. Désolée de voir que tout ça prend autant de temps, j’espère que ces vacances vous apporteront de douces surprises, et vous laisseront le temps de souffler à tous.
    Bises.

  7. Vive les vacances plus de pénitences………………………..ouppppppppppsssssssssssssssssss moi aussi je suis en trés grandes vacances je serais la tu ne sera pas toute seule si tu a besoin!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  8. Gora pais vasco si tu vois ce que je veut dire!!!!!!!!!!!!!!!

  9. Encore une preuve qu’il faut vraiment mettre en place de vraies structures pour aider les familles avec des « enfants à problème « . Nous avons bataillé pour ma sœur sans écoute…

    • le terme « enfant à problème » me heurte, c’est ainsi que la psy pour enfant me voyait… et on a découvert quand j’avais 21 ans que je suis sur le spectre autistique.
      Je crois que « enfant en souffrance » est plus descriptif de la réalité.

    • les structure sont là Les moyens humains et financiers beaucoup moins.
      Et quand la souffrance est depuis très longtemps présente on a nettement moins de patience.

  10. Là, je me rends compte que mes parents ont eu de la chance, je ne crois pas qu’ils en étaient à ce point…
    Si seulement j’étais plus prêt, si je pouvais faire… quoi, je n’en sais rien, mais je sens ta douleur…

    • On passe vraiment un sale moment mais j’espère encore et toujours que les choses vont s’améliorer
      Et puis c’est surtout lui qui souffre et qui doit souffrir encore plus devant notre incompréhension et notre incapacité à l’aider
      La prochaine fois que je vais voir ma famille, je m’arrête pour te faire un bisou ❤

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