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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Des mots sur des maux

Autisme Autisme atypique Asperger Dysharmonie Dysharmonie cognitive Dépression TED TDAH et même Psychose (bon pour ce terme, on fera pas de commentaire) autant de termes utilisés à bon ou mauvais escient pour qualifier Gabriel. Autant de diagnostic posés récemment sur l’état de Gabriel.

Leur multiplicité, leurs points communs me font penser que nous nous rapprochons du bon. Des mots qui nous permettent de moins culpabiliser, d’avoir le sentiment d’avancer. En fait, juste le sentiment. Parce que chaque pas semble accompagner d’un rétro pédalage. Depuis le temps que nous attendons, nous voudrions que tout soit déjà en place.

Autant de mots que nous prenons de face. Souvent sans explications, sans accompagnement, parfois avec des jugements. J’ai reçu par mail, le dernier en date. Celui qui se base sur des tests. Celui qui  parle de dysharmonie. Celui du CMPP. Toute avertie que je sois concernant la psychiatrie, incompréhensible pour moi. Ne correspondant pas au discours tenu par le psychiatre de l’unité.

Heureusement, heureusement, une femme, une maman, une non professionnelle mais avec un bagage conséquent a accepté de le décrypter et nous le rendre compréhensible. Cette femme, c’est Mme Déjantée (un pseudo, je précise). Vous pouvez la retrouver chez les Vintellos ou sur son blog.

Elle a pris le temps de reprendre ligne par ligne ce compte rendu indigeste, inquiétant. Et au delà de faire ce que ce professionnel n’a pas fait, elle a su nous rassurer. Mettre des mots sur nos maux. Et surtout, surtout, elle a nous a dit que nous n’avions pas été accueilli, écouté, rassuré. Elle nous a dit que nous avions été jugé et pris pour une quantité négligeable.

Nous souffrons beaucoup du quotidien avec Gabriel. Je sais très bien que sa pathologie n’est ni grave, ni irréversible. Que notre quotidien sera jalonné d’épreuves et souffrances. D’efforts aussi. Mais que ces efforts seront payant et que mon fils, un jour, sera autonome, bien dans sa vie, dans sa peau.

Mais en attendant, pour pouvoir supporter ce quotidien si compliqué, pour que l’ensemble de ma famille ne souffre pas plus que nécessaire, j’aimerais que tous les professionnels bardés de diplômes, de certitudes prennent exemple sur cette femme qui a su faire ce qu’eux n’ont même pas pris le temps de faire.

Ecouter, ne pas juger, accompagner sont des matières qui ne sont pas enseignées en faculté. L’empathie, la douceur, l’écoute sont des qualités humaines. Mme Déjanté, ainsi que beaucoup d’autres dans mon entourage amicale en sont très largement pourvues. Messieurs Mesdames les professionnels, prenez en de la graine.

Désormais, je leur parlerai comme ils me considèrent.

Merci Mme Déjantée. Et merci à tous pour vos paroles, soutien (Je pense en particulier à Marie).

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L’instant – Tristesse

J’aurai pu appeler ce billet L’instant – Le point Gabriel exième mais en fait je n’ai plus envie de faire le point sur la situation de mon fils. Il n’est rien de dire que je suis en colère. Mais surtout triste.

Le bilan de l’orthophoniste est assez mauvais. Je synthétise car c’est un peu long et rébarbatif. Gabriel n’est pas du tout prêt pour les apprentissages de la lecture. Elle va tenter mais n’est même pas sûre de pouvoir le faire avancer là dessus. De plus, tout comme nous, elle note sa souffrance et son angoisse face à l’école. En ce qui concerne les maths, nous n’avons même pas abordé le sujet. Elle te testera plus tard.

Et parmi les solutions,elle a évoqué la possibilité de le changer de structure. Comme une piste. Ou que la maitresse lui propose des exercices adaptés. Une piste que nous allons tenter d’exploiter via une réunion pédagogique où nous réunirons un maximum d’intervenants.

Pour l’instant, il est tout à fait prématuré de parler de déscolarisation. La question reviendra sans doute au mois de juin. Gabriel ne pourra pas passer en classe supérieure. C’est quasiment certain (OK OK les miracles sont toujours possibles). Et le faire redoubler sera très compliqué en terme d’angoisse. Il serait séparé de ses copains, il déteste déjà l’école, on va à l’échec assuré.

L’orthophoniste nous a parlé d’école Montessori. Ca tombe super bien, il y en a une ici. Il faut juste trouver 300€ par mois. Et qu’ils acceptent les enfants comme Gabriel. Et si Gabriel accepte.

Bref. Nous savons que Gabriel a des difficultés, en particulier en ce moment. L’école y est pour beaucoup. Nous savons qu’il est intelligent. Nous savons qu’il ne pense pas comme nous. Nous savons que ses émotions, ses angoisses parasitent tout. Nous savons désormais que l’école n’est pas pour l’instant le meilleur endroit pour lui. Nous savons que le déscolariser n’est pas la solution.

Le chemin promet d’être long et difficile. Nous tâtonnons et je crois que les pros qui nous accompagnent tâtonnent aussi.

J’ai les yeux bien rouges en écrivant ce billet. J’ai peur. Peur de l’inconnu, peur pour lui. J’ai mal de le voir si triste, si angoissé. Je voudrais pouvoir le prendre et ne plus le lâcher. Je voudrais le protéger de ce monde qu’il ne comprend pas. Dans lequel il ne trouve pas sa place.

Nous savons que nous l’aimons. Aujourd’hui plus qu’hier.


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L’instant – Réponse

Parce que je n’ai pas envie de répondre aux mêmes questions 50 fois. Parce que dire et redire la même chose, c’est rouvrir la blessure à chaque fois, j’utilise mon bien aimé blog (que ferais je sans toi ?) pour vous informer, vous répondre.

Ma fille a donc pris la décision de partir à la fin de l’année scolaire vivre chez son père. C’est son choix, son envie, son besoin. Je pense qu’elle fait un mauvais choix. Ce n’est que mon avis. D’un autre côté, je suis sa mère, je l’ai mise au monde et nul ne peut la connaitre comme moi. Non, même pas son père qui n’était pas là au quotidien.

Depuis que nous nous doutons qu’elle ne restera pas avec nous, j’ai plein de réponses, d’encouragements.

Majoritairement, et parce que je suis en colère, triste, amère, j’entends « C’est une bonne chose, c’est une chance, elle s’en va pas pour toujours… » et j’en passe. C’est vrai. Froidement, intellectuellement, c’est vrai.

Mais vous tous, pendant 5mn, vous allez regarder votre bébé, votre enfant, peut être même votre ado. Et ce bébé, cet enfant, cet ado vous imaginer que le matin vous n’aurez plus besoin de le secouer pour le réveiller, vous n’aurez plus besoin de lui rappeler de prendre son petit déjeuner, vous ne contrôlerai plus ses devoirs, vous ne sentirez pas sa peau, son odeur tous les jours. Vous ne la verrez plus vous sourire, faire la gueule. Tout ce quotidien, si lourd, si insupportable. Ce quotidien, qui fait votre force.

Vous allez imaginer pendant 5mn une douleur sourde dans votre coeur, un pincement permanent. Pendant 5mn, vous allez imaginer que votre chair, celle que vous avez soutenu, encouragé, élevé, à qui vous avez donné tout et même plus, ne sera plus là au quotidien.

Vous venez d’imaginer durant 5mn ce que je vais vivre. Tous les jours. Tous les matins en me levant il manquera un bout de mon coeur. Tous les soirs en me couchant, mon coeur ratera un battement.

Parce que nous ne serons plus 6.

Alors, toutes vos paroles, (passées, actuelles ou à venir), tous vos « C’est mieux comme ça, c’est pas si grave » et j’en passe, bah gardez les pour votre coeur de mère, de père qui regardez tous les soirs vos enfants dormir sous votre toit.

Mon coeur de mère saigne. Et même si hier, je disais que ce n’était pas un adieu, dans mon coeur de mère, dire au revoir à mon enfant, c’est juste l’enfer.

Parce qu’à partir de septembre, tous les soirs, un lit sera vide chez moi.


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L’instant – 2014

Oui encore. Parce que l’année 2014 sera l’année de tous les possibles.

Parce qu’on ne guérira pas Gabriel mais on mettra les bons mots sur ce dont il souffre. Et qu’on pourra l’aider. Et qu’il ira de mieux en mieux.

Parce que Jade est géniale. C’est un vrai bonheur de l’avoir à la maison en ce moment. Elle parle, se confie, rit. Elle semble avoir trouvé un nouvel équilibre. Je crois qu’elle n’ose pas me le dire, mais elle partira à la fin de l’année. Et c’est comme ça. Tous les parents doivent accepter l’envol de leur enfant. Je le ferai un peu plus tôt. Et un au revoir n’est jamais un adieu.

Parce qu’Aïnhoa grandit, qu’elle embellit de jour en jour. Que je prends de plus en plus le temps de l’écouter, de la câliner. Parce qu’elle comprend tant de choses sans les dire. Qu’elle exprime tant de choses sans les dire non plus d’ailleurs.

Parce que Sasha me réconcilie avec mon autre fils. Parce qu’il m’offre tant de sourires, de tendresse, de câlins, de tirage de cheveux. Parce que l’avoir à table est un régal pour les yeux tant il croque dans ses brocolis comme dans la vie.

Parce qu’avec Laurent, nous venons de passer le cap des 6 semaines sans disputes. Que ce n’était jamais arrivé. Que les rires et la sérénité remplacent de plus en plus la colère et les disputes. Et que toute la maison résonne de rire, de plaisanteries. Et que c’est bon.

Parce que j’ai décidé de me lancer vraiment. Jusqu’à présent, je pratiquais ma petite activité créatrice, pas en dilettante, en tout cas pas complètement à fond. C’est fini. Je vais m’investir autant que les gastros, nuits sans sommeil de mes enfants m’en laisseront la possibilité. Vous pouvez m’y aider. Sur le blog chiawaze.wordpress.com vous retrouverez mon actu, mes créations. Vous trouverez aussi le fameux bouton J’aime de Facebook. Il y a 91 fans de la page pour l’instant. Vous faites péter le score ? N’hésitez pas à partager, à en parler. C’est un projet qui me tient vraiment à coeur.

Que 2014 vous apporte autant de bonheur, d’espoir, de sérénité qu’elle semble me promettre.


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L’instant – Madame la Ministre

Depuis un petit moment, la politique familiale de notre gouvernement m’énerve. Jusqu’à présent, je m’énervais dans mon coin, pestant contre cette volonté de plus en plus nette de nous priver de choix.

Madame la Ministre, sous couvert d’égalité hommes/femmes, de relance de l’économie, vous avez réformé le congé parental et vous vous apprêtez à modifier les conditions de l’impôt.

Déjà, la réforme du congé parental, catastrophe annoncée pour beaucoup de femmes, m’avait fait sérieusement tiqué. Sous couvert d’égalité, vous avez décidé de rendre obligatoire le partage du congé parental entre les 2 parents. Je suis désolée de vous le dire Madame la Ministre, mais vous marchez à côté de vos pompes à 300 boules. Vous croyez vraiment que cela va changer grand chose pour un patron, une absence à gérer de 2 ans et demi ou 3 ans ? Vous croyez vraiment  que les hommes (puisque les congés parentaux sont pris en majorité par les femmes) parce que vous le voulez, vont s’arrêter de travailler 6 mois pour s’occuper de leur enfant ? Quid du choix, de l’envie, de la liberté ? Notions dont, nous avons bien compris, vous vous foutez royalement. En tout cas, vous faites bien passer le message.

Je vais vous dire ce que va entraîner votre réforme Madame la Ministre. Au bout de 2 ans et demi, le conjoint qui devra prendre le relais, en grande majorité (et si prétendez le contraire, c’est que vous mentez), ne le prendra pas. Parce qu’on peut aimer son job 1. Parce qu’on peut n’avoir pas envie de s’occuper à plein temps de ses enfants 2. Parce que s’il n’a pas pris de congé de 30 mois, c’est peut être que son salaire est vital. Ainsi que son emploi 3. Le résultat de votre réforme Madame la Ministre sera que plus de femmes seront sans emploi. Vous allez gonfler les stats du pôle emploi. Pôle emploi qui va voir une flopée de femmes (oui parce que ne rêvez pas vous n’allez certainement pas changer cette réalité) arriver mais qui ne chercheront pas d’emploi. Parce qu’elles n’auront pas de solution de garde. Vos promesses de construction de places de crèche sont comme les autres. Des promesses que vous ne tiendrez pas. Beaucoup, qui ont fait le choix de s’arrêter de travailler pour voir grandir leur enfant (bouh les vilaines !) seront précarisées 6 mois de plus. Des familles vont voir leurs revenus diminuer (oui 300€ Madame la Ministre, pour beaucoup, c’est énorme).

Et on en arrive à votre nouvelle lubie. Non seulement, nous n’avons plus le choix, la liberté de passer 3 ans avec notre enfant, mais désormais nous seront pénalisés. Tout ça pour remonter le PIB (ou tout autre acronyme dont vous vous gargarisez). Parce que les familles qui font le choix (une de leur dernière liberté, ça aurait été dommage de leur laisser) d’un seul salaire, seront désormais plus imposées. Parce que la vie c’est le travail. Non Madame la Ministre, Votre vie est peut être le travail (j’aurais dit le pouvoir mais on va pas ergoter). Mais ce n’est pas forcément celle de vos électeurs. Des familles choisissent de gagner souvent moins pour pouvoir être auprès de leurs enfants. Donc ils gagnent moins, vous avez décidé qu’ils en auront encore moins. Pour qu’ils retournent au travail. Parce que le travail est essentiel à l’épanouissement. Parce que l’on doit remonter notre économie.

Mais où va t on Madame la Ministre ??? Vous marchez sur la tête ? Vous vivez dans quel monde ? Il était déjà évident que ce n’était pas le même que celui des Français, mais alors là, vous décrochez le pompon !! Nos enfants sont sacrifiés sur l’autel de vos idées plus stupides les unes que les autres (dois je en rajouter une couche au sujet de votre réforme des rythmes scolaires ?). L’égalité hommes/femmes qui obnubilent votre esprit est complètement bafouée par vos lois. Vous voulez de l’égalité ? Pondez donc une loi liberticide pour les patrons qui mettrait en place une grille salariale commune et obligatoire pour les hommes et les femmes (on me glisse dans l’oreillette qu’il ne faut pas se mettre à dos le patronat).

Vous ne lirez pas ce billet Madame la Ministre. Parce que vous planez dans des sphères qui vous rendent inaccessibles. Alors j’invite tous ceux qui me lisent à signer cette pétition

Je vous invite, vous qui me lisez, à diffuser, à relayer. Parce qu’il ne faut pas 500 signatures. Il en faut des milliers, soyons fous, des millions. Nous avons, encore, la liberté de faire entendre notre voix. Alors bon sang, faites le. Parce que bientôt, cette liberté, nous ne l’aurons plus.

Je n’ai pas honte de mon pays Madame la Ministre. Je l’aime et le respecte. J’ai honte de mon gouvernement. J’ai honte de mes ministres. J’ai honte de vous.

Quand à moi, après m’être engagé auprès de la FCPE pour essayer de minimiser le mal que va faire la réforme des rythmes scolaires, après avoir signé cette pétition, j’envisage de m’engager en politique.

Pour tenter de faire changer les choses. Parce vous nous prenez pour des cons Madame la Ministre.