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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – 7 ans et toutes ses dents

Aujourd’hui, tu as 7 ans. Quand je me suis levée, je t’ai allumé une bougie, je te l’ai amené en chantant Joyeux anniversaire. Tu souriais. Ravi d’être fêté, d’être au centre de toute l’attention. Nous t’avons câliné.

Et puis, sans que l’on sache pourquoi, ton visage s’est refermé. Tes yeux se sont détournés en direction de la télé. Nous sommes retournés à notre quotidien.

Mais si ce quotidien n’est pas tourné uniquement vers toi, ça ne te convient pas. Alors, de nouveau, tu as voulu que l’on s’occupe de toi. Alors tu as réclamé ce que tu savais que tu n’avais pas le droit d’avoir. Tu as levé la main sur ton frère parce que ça te faisait rire. Tu as crié parce que nous avons refusé de te mettre le dessin animé que tu voulais. Tu as réclamé 1 fois 2 fois 6 fois ta DS malgré notre non. Tu as insisté encore et encore, tenté de négocier malgré notre refus.

Aujourd’hui, tu as 7 ans. Nous savons qu’une très grande partie de ton comportement est dicté par ton cerveau qui ne fonctionne pas comme le nôtre. Nous savons que tu es malheureux et que tu voudrais sans doute que les choses se passent mieux.

Aujourd’hui, tu as 7 ans. Tu traverses une période très compliquée. Nous te sentons mal, triste. Du coup, tu cries encore plus. Tu exiges toujours plus. Tu es insupportable encore plus.

Aujourd’hui, tu as 7 ans. Nous t’aimons, toi notre enfant si différent, si difficile à aimer. Tu ne nous rends pas la tâche très facile. Mais qui a dit qu’être parent devait être facile ? Disons qu’avec toi, l’exercice est encore plus sportif.

Aujourd’hui, tu as 7 ans. 7 années de cris, de doutes, d’angoisses. 7 années où notre quotidien est devenu un combat. 7 années à se remettre en question, à remettre en question toutes nos certitudes.

Aujourd’hui, tu as 7 ans. 7 années d’amour désespéré. 7 années de tendresse refoulée car refusée. 7 années de regards inquiets.

Aujourd’hui, tu as 7 ans. 7 ans de limites testées en permanence, 7 ans de vie sur le qui vive. 7 ans de fatigue et de ras le bol. 7 ans de « pourquoi ».

Aujourd’hui, tu as 7 ans. Bon anniversaire mon fils, mon adoré, mon trésor. Toi l’enfant si différent, si difficile à aimer. Toi que j’aime, aujourd’hui comme tous les autres jours, désespérément, si fort.

Aujourd’hui, tu as 7 ans.

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L’instant – Un échec ?

Aujourd’hui, pour la 1ère fois de ma toute petite carrière, j’ai tenté le marché de créateurs. Prévenue très tard (il y a 6 jours), en partant d’un stock nul, il a fallu s’investir à fond.

Zodio est un grand magasin de déco que je vous invite à aller découvrir. J’aime leur univers que je connaissais déjà, j’ai aimé leur accueil, leur gentillesse, leur disponibilité. J’ai moins aimé le délai, et surtout le résultat.

Après avoir passé les 6 derniers jours à courir, fabriquer, négliger mes enfants, ce marché de créateur fut un échec. Je n’ai rien vendu.

Ce résultat appelle à une prise de recul que pour l’instant je ne suis pas capable (pas encore) de faire. Je me suis tellement investie, j’y ai mis tant d’espoir, d’envie que fatalement, le retour dans la voiture s’est fait dans les larmes.

Envie de tout arrêter, d’envoyer tout promener. Envie de me recentrer sur l’essentiel. Envie de me rappeler du pourquoi de cette activité. A l’origine, je voulais être près de mes enfants. Résultat, je travaille comme une folle et je ne vois plus mes enfants.

Je suis triste, déçue, désabusée. D’autant que si le beau temps n’a pas favorisé la fréquentation du magasin, je suis l’une des rares (si ce n’est la seule) à ne pas avoir vendu du tout.

Je viens de boire 2 bières, câliné mes enfants, pris un doliprane. Je vais faire une pause ce week end pour profiter de ma famille à qui je manque et qui me manque. Me recentrer sur l’essentiel.

Je commence déjà à réfléchir aux raisons de cet échec malgré tout. Je vais faire un débrief la semaine prochaine avec un ami.

Et je vais rebondir. D’une façon ou d’une autre.

Merci à tous pour vos encouragements, vos petits mots que je lis religieusement. Je ne réponds pas mais vous êtes d’un réconfort extraordinaire.


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L’instant – Le point Gabriel

On aura tout entendu ces 6 dernières années au sujet de Gabriel. Parfois autiste, souvent enfant capricieux, voir en souffrance à cause de moi.

Je n’ai jamais contesté le caprice, parfois, ni la souffrance, évidente. On m’a dit que je le couvais trop, pas assez. Que je parlais trop, ou pas assez. Que je l’avais sevré trop vite, trop tôt, pas assez bien. Pendant 6 ans, ou à peu près, on m’a laissé entendre, affirmé, claironné, asséné que l’état de mon fils était de ma faute. J’ai encaissé, accepté, à partir du moment où on me proposait une solution, une piste pour l’aider. J’étais prête à tout changer chez moi, nous, notre façon de vivre, d’éduquer. Bien sur, rien n’a changé et surtout pas notre souffrance, la sienne surtout. La vision psychanalytique des troubles de l’enfant a fait un mal incroyable à notre famille et je ne pourrai pas le pardonner.

Et puis, il y a 2 mois, nous avons rencontré un médecin dont la spécialité est la médecine physique et de réadaptation chez l’enfant. Elle travaille dans un service de chirurgie. 6 mois pour avoir un rendez vous. Nous y sommes allés en traînant des pieds. Prêt à partir en claquant la porte à la moindre parole accusatrice. Ce médecin nous a écouté, a lu un compte rendu d’un CMP incompétent. Et nous a dit que non, ce n’était pas de notre faute, que oui ce compte rendu était accusateur, les mots malheureux et surtout les tests inadaptés à notre enfant.

Elle a surtout évoqué une nouvelle piste de recherche. D’une pathologie qui est très à la mode. Le TDAH Troubles De l’Attention avec ou sans Hyperactivité. Elle n’a pas écarté la possibilité d’un autisme atypique. Elle nous a proposé de réaliser 3 bilans. Un neurovisuel, un de la phonosensibilité et un bilan cognitif et attentionnel. Les 2 derniers à notre charge car non pris en charge par la sécurité sociale. Nous avions besoin de savoir. Nous avons décidé de le faire.

Le bilan neurovisuel est revenu mauvais. L’apprentissage de la lecture est impossible en l’état actuel. Le bilan de la phonosensibilité est revenu mauvais. Gabriel ne comprend que 30% de ce qu’il entend dans un environnement à 70 décibels. Les apprentissages en classe sont donc très compliqués. Ces 2 premiers bilans montrent donc de gros soucis qui nécessitent des prises en charge.

Et puis pendant les vacances, nous avons fait le dernier bilan. Sur une journée complète. Nous avons encore patienté à peine 1 semaine pour avoir le résultat.

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous connaissez le verdict. Il nous aura fallu 2 mois pour apprendre que notre fils souffre de TDAH. Je dirai bien 2 putain de mois après 6 ans d’accusations mais ça fera l’objet d’un autre billet colère.

La piste de l’autisme n’est pas écartée même si nous y croyons moins. Il marche sur la pointe des pieds quasiment tout le temps, d’autres signes sont assez significatifs mais nous pensons qu’il a plutôt développé ces traits. Nous saurons le jour où nous aurons enfin le rendez vous au Centre Ressources Autsime (1an d’attente je le rappelle). Ce jour là, nous serons reçu par un pédopsychiatre qui a la double casquette autisme/TDAH.

Notre fils souffre d’un TDAH. 6 ans et demi, 78 mois de doute, d’attente, d’accusation, de grand n’importe quoi. Et une spécialiste qui en 1h de consultation, a su décrypter nos souffrances.

Ce billet, je l’écris après avoir lu hier soir celui de Ginie. Elle y décrit parfaitement les doutes, l’attente et la souffrance incommensurable. Elle y décrit aussi l’essentiel. Notre amour, notre envie de bonheur pour nos enfants. Je vous invite à le lire et à lire aussi les commentaires. Vous y découvrirez que notre souffrance n’est pas unique, que le manque d’écoute et d’empathie du corps psychiatrique est très fréquent.

Bref, Gabriel est TDAH et avoir des mots sur des maux, si ça ne guérit pas, si ça ne console pas, ça aide à avancer. Et c’est l’essentiel.