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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…

L’instant – Fatigue

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Quand je suis devenue mère la 1ère fois, j’étais seule pour élever ma fille. Malgré les difficultés, et il y en a eu, tout m’a semblé simple. J’avais la chance d’avoir une fille adorable avec qui tout roulait. Si au quotidien je passais parfois de mauvais moments, je ne garde que de bons souvenirs de cette époque.

Et puis j’ai enchaîné. Les enfants (sans compter les grossesses), les galères. Et puis Gabriel. Visiblement différent. Visiblement qu’il faut aider. Alors j’ai enchaîné. Les rendez vous, les projets, la positive attitude. Les mauvaises nouvelles se sont elles aussi enchaînées. Pas le temps de se remettre d’un décès qu’il fallait gérer le suivant. A tout cela s’est rajouté l’isolement.

J’ai tenu. Tel un capitaine à la barre d’une coquille de noix au milieu d’un océan qui a fermement décidé de me faire chavirer (je deviens poète) j’ai tenu la barre, jour après jour. J’ai gardé mon sourire, mon visage lisse de rides, mon moral forgé par des années d’analyse.

Et puis un diagnostic. Des mots posés sur des maux. Croire un bref instant que tout va rouler. Découvrir que le combat n’a fait que se déplacer. Que les prises en charge vont être lourdes, longues. Que ce diagnostic n’est finalement pas une si bonne nouvelle tellement ça va impacter toute ta vie, la sienne, les leurs.

Décider dans le même temps de me lancer dans une nouvelle aventure professionnelle. Parce que je ne sais pas faire autrement. Que lorsque ma charrette est bien lourde, je ne sais que l’alourdir. Et tant qu’à faire, choisir une activité déstabilisante, frustrante, prenante. Parce que oui, créer, c’est l’enfer. Un jour, je t’expliquerai à quel point il est douloureux de créer. De comprendre intimement une personne pour lui créer un objet au plus près de ses désirs.

Depuis trois jours, j’ai lâché la rampe. Je ne mange plus que très peu. Je dors comme une masse dès 20h30. Je me lève fatiguée 10h plus tard. Je rêve de vacances, de soleil (je supporte mal l’hiver, le froid), de repos.

Je pensais faire un burn out maternel. En fait non. Je suis certainement très très déprimée (même si je ne suis pas dépressive). Je suis surtout épuisée. Vidée. Rincée. Tu peux choisir le verbe que tu veux.

Je n’en peux plus. Mon corps craque. Sur mon visage, le sourire s’est fait rare. J’ai des rides désormais. Ainsi que des cheveux blancs. Mon moral d’acier est devenu fragile. Je regarde l’avenir avec angoisse.

J’écris ce billet du fond de mon lit. Je suis incapable de me lever. Je suis devenue incapable de travailler.

Alors comme je ne suis pas complètement au fond du trou, j’ai décidé de prendre les choses en main. Lundi, je vais aller voir mon médecin. Je vais tenter avec elle de trouver une solution temporaire médicale à ce manque de vie. Je vais aussi lui demander de soigner cette crève qui a profité de mon corps défaillant pour s’installer. Je vais aussi faire un bilan. Bref, je vais me soigner.

Je vais aussi mettre mon activité au ralenti. Finir les commandes de noël car je serais beaucoup plus mal de ne pas les faire (les filles, inutile d’annuler, je tiens à les faire). Finir aussi les autres commandes à un rythme plus raisonnable (les filles, il va falloir patienter un peu). Et puis faire une pause (j’ai déjà commencé puisque la boutique internet est en vacances).

Je manque de vie, d’envie, d’avenir. Je ne manque pas de courage. Alors je vais continuer à avancer. Au rythme que la vie m’impose. Plus au mien.

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