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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Amitié créative

S’il y a une chose à laquelle on ne pense pas en se lançant dans la création, c’est la solitude. On ne pense pas non plus aux doutes qui ne vont plus nous quitter. Qui vont nous miner. Et quand vous mettez les 2 ensembles, le mélange est assez détonnant.

En tout cas pour moi. Avant de me lancer dans l’aventure Chiawaze, j’étais quelqu’un de solitaire. Et si je doutais, c’était toujours peu de temps et pas au point de me rendre malade. Désormais, je passe mon temps à demander à mes enfants si c’est joli, à mon mari s’il reconnaît le motif. Chaque commentaire sur mes photos est une joie immense (et souvent démesurée). Parce que je doute. Et puis je crée de chez moi. Dans une pièce qui m’est dédiée. Accompagnée de musique (la Callas on a rien fait de mieux) ou d’une série que je regarde d’un oeil. Mais seule. Je parle à voix haute seule. Je peste seule.

Et ces derniers temps, j’ai commencé à cogiter sur mon avenir. Je me suis chronométrée pour connaître mon temps de travail réel. Et j’ai commencé à douter. A douter de l’intérêt à m’investir dans cette activité qui n’est pas rentable. Qui me bouffe complétement.

Hier, j’étais au bord de la fermeture. Et puis j’ai eu une amie au téléphone. Cette amie, je vous la présente. Parce qu’elle est créatrice aussi. Et qu’elle traverse les mêmes doutes que moi. Il s’agit de Sandrine. Le côté pile du duo de Ribamb’elles. Il y a aussi Sandra dans cette jolie aventure.

Hier soir, Sandrine a pris le temps de m’écouter. De me donner des pistes pour évoluer. De me faire voir les choses autrement. De me montrer la patience. De me montrer que je devais être plus calme, plus posé, plus raisonnable.

Sandrine m’a aussi montré que comme moi, elle traversait des moments difficiles de créateurs. Que c’est compliqué de s’exposer aux regards et jugements des autres. Que parfois, il faut savoir dire non. Ou dire oui, oser, saisir les trains qui passent. Mais peut être pas tous.

Merci Sandrine de ce temps (1h27 quand même !). De cette écoute. Et j’invite tous ceux qui ne connaissent pas encore votre travail à le découvrir. Je n’ai plus de bébés mais j’aurais adoré un de vos magnifiques tours de lit pour mon bébé chou.

L’amitié créative c’est ça. De l’amitié pure, sans attente, juste de l’écoute. Et qui comprend merveilleusement bien ce que l’on ressent.

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L’instant – Y’a des jours

Y’a des jours comme aujourd’hui où tout te semble difficile. Des jours comme aujourd’hui où toutes les choses que tu fais te semblent inutiles et vaines.

Pourtant, exceptionnellement, tes enfants vont bien. Ton fils, malgré l’arrêt de son traitement va bien. Ou grâce d’ailleurs. Où il n’a même plus de phase d’opposition. Donc c’est un plaisir. Et puis quand tu regardes ta fille, tu as juste envie de la dévorer de bisous tellement elle est belle et gentille. Et puis ton zébulon adorable qui te dépose des bisous sur l’épaule entre 2 allers retours dans la terre noire et sablonneuse.

Et puis tu ouvres un réseau social. Avec tous les produits que toi tu ne peux pas consommer. Tu entends parler de tongs et tu regardes les baskets que tes enfants mettent parce que tu n’as pas les moyens de leur acheter des tongs. Les jolis intérieurs que te laissent entrevoir les blogs. Les trucs à mettre dans le bain pour colorer l’eau et faire crier de joie les enfants. Les trucs que tu sais bien on te montre mais que tout n’est pas rose chez les autres. Mais malgré tout tu voudrais bien juste acheter de quoi faire une partie de croquet avec tes enfants. Et en fait tu baves d’envie à l’idée d’avoir un 2ème pantalon à te mettre sur les fesses (Parce que celui que tu avais de rechange s’est retrouvé avec du chewing gum que tu n’as pas réussi à retirer lors de la seule sortie scolaire que tu as pu faire dans l’année).

Sauf que dans le même temps, après chronométrage, tu te rends compte tu as travaillé que 1h50 aujourd’hui. Que bien sûr, ces 1h50 ne sont absolument pas rentables. Alors tu as les jambes coupées. Tu es épuisée et tu n’as pas le moral suffisant pour aller jouer à la marelle que tu as dessiné dimanche pour eux.

Alors à quoi bon ? A quoi bon tout ça ? Ne pas avoir d’argent n’est pas un problème en soi (bon en vrai c’est un problème mais on est bien obligé de faire avec et je ne joue pas au loto). En revanche, te rendre compte que ton activité ne te rapporte pas de quoi vivre, te prend un temps et une énergie infinie t’empêchant de profiter de tes merveilleux enfants, tu te poses la question.

Aujourd’hui mes enfants étaient géniaux et je n’ai pas su en profiter. Je n’ai pas su leur dire. Et ce n’est plus acceptable.


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L’instant – Tchiiin

Aujourd’hui avait tout pour être une bonne journée. Je mettais mes 2 garçons à l’école ou à la crèche avant de partir en goguette en sortie scolaire avec ma princesse.

Mais voilà. Dès le réveil, Gabriel était comme tous les 12 derniers jours. Infernal, odieux, désagréable. En plus maintenant, il sait allumer la télé (on aura tenu 8 ans ou presque). Donc je l’ai découvert devant la télé attendant son petit déj tel un pacha. Et tout s’est enchaîné. Au moment de partir, la porte de sa chambre était dégondée. Sur 2 gonds. Le dernier étant dessoudé. Je ne sais pas où il trouve la force de faire des trucs pareils.

J’ai tout laissé en plan, me disant que ce soir ça irait mieux.

Je viens de rentrer. Avec du chewing gum récolté dans le bus collé sur mon jean. Et sur mon manteau. Enfin ma pelure que je traîne depuis 8 ans, sans doute un signe. Avec Gabriel qui recommence à piquer une méga crise parce que quelqu’un devant l’école lui a dit qu’il y avait BMX ce soir. Et que je ne peux pas l’emmener mais ça il s’en fout. Avec Sasha qui a fait pipi avec ses vêtements. Devant le pot. Avec son petit sourire : « Trop tard ». Avec une machine à faire sécher, une autre à plier et les devoirs à faire.

Alors j’ai pensé très fort à tous mes amis. Parce que vous savez quoi ? J’ai la chance extraordinaire d’en avoir beaucoup. Je sais pas comment j’ai fait mais ouais j’ai vraiment beaucoup d’amis.

Dans la vie avec Laetitia et Karine. Qui savent. Qui voient. Qui ne jugent pas. Qui sont là. Tous les jours.

Et puis sur twitter. Je sais que si vous n’êtes pas adeptes vous vous dites que bon j’exagère, que je suis gnangnan avec mon réseau. Sauf qu’aujourd’hui j’ai eu la preuve par bien 100 personnes au moins que je n’étais pas seule. Que les paroles font autant de bien que des bras. Que ma force je la puise là.

Alors je suis rentrée. Je suis assise. Je bois une bière. Et je souris.

Tchiiin !


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L’instant – Najat, ma meilleure ennemie

Aujourd’hui, pas de point sur la journée de sensibilisation à l’autisme. Il viendra plus tard. Parce qu’à mon sens, c’est tous les jours que les choses devraient être faites. Pas une fois l’an.

Bref. Aujourd’hui, et comme par le passé, je vais m’adresser à notre ministre de l’éducation nationale. Je sais qu’elle s’en fiche. Je sais que l’avis des gens qui l’ont élu ne la touche pas. Que de toute façon, le pouvoir, l’argent sont des moteurs bien plus importants que mon opinion, moi pauvre électrice à qui on s’intéresse les jours d’élections uniquement.
Aujourd’hui donc, notre ministre a rendu sa copie concernant le calendrier scolaire des 3 prochaines années.
Ce ministre, après avoir rencontré les acteurs concernés (ah on me souffle qu’elle a aussi rencontré ceux qui ne le sont pas), a donc décidé de modifier la carte des zones. Bien évidemment, cette réforme me touche de plein fouet puisque désormais mes enfants n’auront plus qu’une semaine de vacances commune. Mais on s’en fout de mon cas particulier. Après tout, si les hommes et femmes politiques devaient faire en fonction des intérêts particuliers, ils ne pourraient plus gouverner.
Ce qui me fout la rage, la haine de ce pouvoir, c’est la raison pour laquelle on a modifié ces zones. Il s’agit de contenter les professionnels du tourisme. De la même façon, les dates ont été modifiées pour permettre aux professionnels du tourisme (et en particulier ceux de la montagne) de s’en mettre plein les poches plus longtemps.
Si on fait court, et parce que je n’ai pas envie de faire un ulcère, si on rallonge certains trimestres, au détriment des enfants quand même, c’est pour que les professionnels du tourisme puisse en avoir un peu plus. Encore plus. Toujours plus.
Je suis allée voter dimanche. Comme à chaque élection. Je continuerai d’y aller. Parce que peut être certains de mes ancêtres se sont battus pour que j’ai cette liberté.
En revanche, et parce que j’ai cette liberté, je vais manifester mon mécontentement face à ces politiques qui font fi de la santé, de la fatigue de mes enfants. Parce que j’ai l’espoir qu’un jour nous les ferons descendre de leur piédestal de pouvoir et d’indifférence. Parce que je crois qu’un jour, nous serons suffisamment nombreux à dire stop. A dire à ces gens, qui concentrent l’argent, le pouvoir dans leurs petites mains qu’ils sont allés trop loin.
Et que nous ne sommes plus des moutons.
Tu sais comment tu peux faire ? Fait de ce billet, et de tous les billets contestataires que tu trouveras sur le sujet, un buz. Retweet, partage sur FB, fais du bruit.
Bouge ! Sinon un jour, il sera trop tard.