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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Et soudain

Soudain le soleil n’a plus la même clarté. La chaleur si forte, si réconfortante l’instant d’avant est devenue ennemie. Soudain ta vie prend un nouveau virage. Un virage qui se profilait au loin. Que toi tu voyais mais que les autres, rassurants, inconscients, ignoraient. Ils riaient de tes doutes, de tes peurs.

Avec le temps, le terme d’autisme s’est éloigné de mon horizon. J’ai fini par dire non. Non à mon instinct. Non à mes craintes. Non à ma tendance au psychotage. J’ai fini par me rassurer. Et puis lorsque nous avons eu le diagnostic de TDA, je me suis dit, voilà, c’est ça qui clochait. On a mis en place des rendez vous, beaucoup de rendez vous. Ce qui m’a souvent amené à être présente lors des récréations.

Et je regardais mon bonhomme. Les mains dans le dos. Qui visiblement ne savait pas comment entrer dans le jeu. Qui n’osait pas. Et mon coeur se serrait de le voir ainsi. Et je voyais un petit garçon si différent des autres.

Hier, le Centre Ressources Autisme d’Aquitaine nous a informé que Gabriel présentait des troubles de la communication sociale. Que ces troubles s’accompagnant de centre d’intérêts restreints ainsi que de quelques comportements stéréotypés, nous étions face à un enfant autiste léger.

Son intelligence n’est pas touchée. La communication verbale d’information non plus. Avec de nouvelles prises en charge, un accompagnement spécifique, on va pouvoir l’emmener vers l’autonomie. Le terme d’autisme va aussi nous ouvrir des droits que le TDA ne nous avait pas offert.

Il y a des côtés positifs. Je ne cesse de me les répéter tel un mantra magique qui me fera avaler ce nouveau mot. Je ne cesse d’essayer d’en trouver d’autres. Après tout, Gabriel est en bonne santé. Son pronostic vital n’est absolument pas engagé. Il pourra… Et là ça s’arrête.

Je ne sais pas ce qu’il pourra ou pas. Je ne sais pas s’il pourra être heureux. S’il pourra exprimer ses joies. S’il pourra les ressentir.

Un gouvernement précédent avait défini l’autisme comme une cause nationale. La détection précoce a été privilégiée. Car on sait dans cette maladie que les prises en charge précoces permettent aux enfants de mieux évoluer.

Et soudain, je revois mon bébé, qui n’a jamais souri aux anges. Qui ne m’a jamais regardé dans les yeux. Qui ne me souriait pas. Et j’entends ce pédiatre « Mais enfin Mme, arrêtez donc de vous angoisser ! Tout va bien ». Mon bébé avait 6 mois. Nous avons perdu 7 ans. 7 ans à rencontrer des spécialistes, des professionnels qui n’ont eu de cesse de Me remettre en question, de douter de moi. Tout comme eux désormais, je doute de moi.

Et aujourd’hui, je suis sidérée. Je ne pleure pas. Je ne réalise pas.

Et soudain, mon fils est autiste léger, et je ne sais pas quoi faire avec ça.

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L’instant – Je ne comprends pas

Je me suis sentie attaquée. Rendue responsable de l’état de ma fille. Son état est grave. Ce que je savais. Ce que je ne savais pas c’est que l’on pouvait me rendre responsable de tant de choses. Que chacun de mes mots, de mes phrases seraient retournés. Tant qu’à faire contre moi. Qu’eux pouvaient s’autoriser l’interprétation, l’extrapolation mais que moi je devais être parfaite. Dans ce que je disais,ce que je ressentais. Comme si je ne devais être que sa mère.

J’ai eu le sentiment que l’on me rendait  responsable de l’impossibilité de communication entre son père et moi. Comme si mes efforts pour rentrer en contact avec lui n’existaient pas. Qu’il aurait fallu que je fasse plus. Malgré les refus en face de moi. Malgré les attaques. Qu’il aurait fallu que je réussisse. J’ai eu le sentiment que j’ai échoué et que c’était de ma faute.

De plus ils ne comprennent pas. Si je pensais ma fille en danger, pourquoi je n’ai pas saisi le JAF qui aurait tranché. Je n’avais qu’à faire juste ça. Une phrase m’a marqué. « Il n’y a rien au dessus des lois. » Sauf que la justice est rendue par des hommes. Pas par des êtres parfais capables de trancher dans le sens de la vérité et de la justice. Et puis de toute façon pourquoi j’aurais saisi le juge ? La résidence de ma fille est fixée à mon domicile. Je n’ai fait qu’appliquer le jugement que j’ai en ma faveur. N’était ce pas plutôt à son père de saisir le juge pour que sa résidence soit fixée chez lui ?

Je suis donc repartie avec la proposition d’une rencontre prochainement avec son père. J’ai eu le sentiment que si je refusais, ils saisiraient le juge. Comme une menace. Comme si je devais en avoir peur. Mais moi ma peur c’est que ma fille meurt. Pas qu’on ordonne qu’elle parte vivre là bas. Moi ma peur c’est de devoir encore une fois accepté de rencontrer cet homme qui me fait du mal depuis 25 ans. En toute impunité. Moi j’ai juste peur de cet homme.

Et je suis donc repartie avec une culpabilité encore plus grande que lorsque je suis arrivée. Avec un poids énorme sur les épaules. Un de plus. Malgré mes explications, il semblerait que mon rôle soit d’encaisser. Malgré toutes les difficultés de notre vie, il semblerait que rien ne puisse m’être épargné. Sans très bien comprendre ce que j’avais encore pu faire pour mériter ça.

Une incompréhension totale. Une souffrance encore plus grande. Et je ne comprends pas. Est ce que pour soulager la peine et la souffrance de ma fille, je dois souffrir encore plus ? Est ce que je dois encore endurer encore plus ?

Ce soir, je suis incapable de m’occuper de moi, de mes enfants. Je vais devoir prendre encore une fois un médicament pour pouvoir dormir. Est ce que c’est vraiment aider ma fille que de m’infliger ça ?

Ce soir, je ne comprends pas. Alors je vais dormir avec mes larmes, mes questionnements. Et encore un peu plus de souffrances.


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L’instant – Une création exceptionnelle

Une création exceptionnelle pour un rendez vous exceptionnel. Il y a de ça quelques mois, grâce à Running et Talons hauts, j’ai été invitée à participer au salon baby à Paris. Un moment qui pouvait représenter beaucoup pour moi. Je devais venir avec une seule création, la plus belle de mon catalogue.

Je me suis donc lancée dans ce défi avec tout de suite l’idée. Celle qui parfois se fait désirer. Mais de suite j’ai su ce que je voulais montrer. Et puis je voulais emporter avec moi un petit bout de mon chez moi. Je voulais mettre ma princesse à l’honneur. Celle qui se fait discrète parfois, qui se rappelle à nous quand il faut. Celle qui avait besoin à ce moment là d’avoir une énorme importance à mes yeux.

Sur cette création, je voulais mettre une petite fée bien sur. On les retrouve souvent dans mes créations. Ainsi que les papillons. Il fallait vraiment retrouver mon univers. J’y ai mis aussi de grosses difficultés avec les pissenlits. J’ai dû coller un à un des morceaux de papier de 1mm sur 3.

Et voilà le résultat :

Ainhoa1 Ainhoa5 Ainhoa2 Ainhoa4

J’ai fait faire l’encadrement de cette création chez une spécialiste. Et son travail met merveilleusement en valeur le tableau.

Je suis très contente du résultat. Et la joie lue dans le regard de ma puce valait toutes les récompenses du monde. Elle savait qu’elle partait avec moi dans les bagages. Et depuis mon retour, il trône au mur de sa chambre.

J’ai donc présenter cette merveille pendant les 3 jours du salon, avec beaucoup de fierté. J’ai reçu beaucoup de compliments, d’encouragements.

Cette création est bien sûr unique. Si vous désirez vous aussi avoir chez vous une création unique, faite avec tout mon coeur, mon savoir faire, contactez moi. Sinon, vous pouvez retrouver ma boutique en ligne sur Chiawaze.

Pour me faire connaître et faire connaître mon travail, si vous l’aimez, partagez sur les différents réseaux. Ca me fait toujours très plaisir.


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L’instant – On mélange tout

La plupart d’entre vous qui me suivez sur Instant de parents savent que j’ai une activité professionnelle via Chiawaze. Qu’il y a d’ailleurs un blog dédié. L’inverse n’est sans doute pas vrai. C’est à dire que les lecteurs Chiawaze ne connaissent pas nécessairement cet espace ci.

Au début de mon activité, on m’avait recommandé de séparer les 2 mondes. Un monde professionnel avec un blog, une page FB (d’ailleurs si vous voulez aimer la page n’hésitez surtout pas l’objectif est fixé à 500) et même un twitter. Et un monde personnel avec Instant de parents, son twitter perso et pourquoi pas une page sur FB.

Sauf que je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à séparer les 2 mondes. Instant de parents, c’est mon journal. Mon moi. Ce que je suis, qui explique comment je fonctionne. Qui dit aussi pourquoi je crée. Chiawaze, c’est mon pseudo depuis 2006. C’est mon identité. C’est devenu ma marque. Parce que ce mot traduit signifie tant ce que je veux transmettre via mes créations. Et je suis incapable de séparer les 2.

Et puis j’ai déjà du mal à écrire régulièrement sur 1 des blogs, alors 2 ça devient une contrainte. Et je veux vous présenter les choses avec du plaisir, du bonheur, de la douceur dedans. Tout ce qui fait Chiawaze.

Alors j’ai pris la décision de réunir les 2 mondes. J’ai bien conscience que le jour où Jean Paul (oui nous serons potes un jour) me demandera d’organiser toute la scénographie de son prochain défilé, s’il lit ce blog pour mieux me connaître, va complétement halluciné. Du quilling, de l’origami, du paper cut mélangés à du harcèlement scolaire, du TDA, du handicap, des pleurs, des joies j’espère très vite ça va faire bizarre.

Mais c’est moi. C’est moi avec mes paradoxes, mes faiblesses, mes forces. Avec mon univers créatif, avec mes gosses nombreux et variés, ma fatigue, mes joies et mes peines. Je ne ferai jamais du Kiabi. Je suis une petite créatrice, qui fait des petites bulles de joie pour chacun. Qui rentre en contact avec chacun de mes clients pour que mon univers soit à l’image du leur. Et je ne serai jamais une Artiste qui expose partout, qui verra sa vie étalée dans Gala. Mes clients connaîtront ma vie via ce blog. Ou pas. Mais ce blog, ce sera tout moi. Et j’espère que vous vous y retrouverez.

Concrètement, ça va se passer simplement. Une nouvelle rubrique ici L’instant – Mon monde créatif. Et c’est tout. Le blog Chiawaze ne va pas disparaître. Je vais juste écrire un petit billet là bas pour expliquer la même chose qu’ici, inviter ceux qui me suivent là bas à nous rejoindre. Les billets seront partagés soit sur ma page perso de FB, soit sur la page Chiawaze en fonction du thème.

J’espère que cette petite nouveauté qui n’en est pas vraiment une vous plaira. Et surtout, du coup, j’espère écrire plus régulièrement.


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L’instant – Ma vie idéale

On peut dire qu’en ce moment ma petite cuillère est devenue très grande. J’avale plusieurs fois par jour amertume, chagrin et déception.

Aujourd’hui, je me suis souvenue d’un billet que j’avais lu au mois de mars chez Marie Grain de sel. Un billet sur les contraintes, sur ce que l’on voulait vraiment mettre dans sa vie. Marie avait noté ce qu’elle voulait vivre durant une journée idéale.

Ce jour là, j’avais décidé de l’imiter, pris mon paquet de post it. Et posée dans ma voiture à attendre j’avais noté ce que j’aurais voulu vivre dans ma journée. J’ai fait un billet. Où j’ai reporté ce petits désirs, moments dont je voulais que soit fait mon quotidien. J’ai posé les post it. Je ne sais pas où. Je les ai retrouvé hier. Un signe. A ce moment de ma vie où tout me semble impossible. Ou plus rien n’a de sens.

Le premier post it porte les mots « Etre heureuse ». Depuis hier, il me nargue. Je passe devant, Avec ou sans lunettes je lis « Etre heureuse ». Il est sous mes yeux à chaque instant. Il me dit « Alors, 3 mois après, où en es tu ? Quelle valeur tu as accordé à ces petits souhaits ? Qu’as tu fait de nous ? ». Je n’ai pas soulevé le « Etre heureuse ». Je ne me souviens pas de des souhaits suivants. Parce que j’ai échoué avec le premier. Parce que je n’ai pas su, pas pu être heureuse.

Je vais soulever « Etre heureuse ». Je vais les lire en même temps que j’écris ce billet. Combien de ces petits instants je me serais accordé ?

  1. Etre heureuse. Bon raté mais alors aujourd’hui encore plus qu’hier. En fait, ça ne pourrait pas être pire (en fait si et ça me fait bien flipper)
  2. Ne plus dire je suis fatiguée. Encore un de raté. Je me sens tellement fatiguée que je pense que je ne connaitrais pas autre chose.
  3. Me lever tôt, en forme, pleine d’allant et d’idées. Bien. Que dire ? Raté.
  4. Me regarder dans le miroir Tous les jours Trouver quelque chose de beau Me le dire. Donc je dois me regarder une fois par semaine dans le miroir. La dernière c’était hier. Ma remarque : Putain que tu es moche.
  5. Parler avec lui De sa journée De ma journée S’écouter Profiter. Donc à part me faire engueuler tous les jours, prendre des réflexions et remarques, je suppose que l’on peut dire que je profite. De rien.
  6. Manger en tête à tête Sans la télé. Ok. Next.
  7. Parler à une amie. Yeahhhhh je fais. Mon amie de coeur, d’amour, ma soeur, ma tendresse est de retour dans ma vie. Et il ne se passe pas une journée sans lui parler. Et que c’est bon.
  8. Rire. Si je ris avec mon amie, dans ma vie quotidienne, je pleure. Et pas qu’un peu.
  9. Faire un après midi crochet/goûter/rire avec les copines. Bon raté. Le temps file vite. Et personne ne le prend.
  10. A chaque vente conclue boire un verre avec lui. Entre le manque d’entente et mon mal de vivre, mes ventes sont ponctuées par… Rien.
  11. Cuisiner. Raté. Ce soir ce sera nouilles chinoises instantanées.
  12. Couper les écrans à 16h30. Ca arrive de temps en temps. Quand je ne suis pas morte de fatigue. Et que j’ai assez de force pour m’occuper des enfants.
  13. Prendre le goûter 20mn Dehors si possible. Arrivé une fois. Alors que c’est si simple.
  14. Faire l’amour. Bon j’épilogue pas.
  15. Lire une histoire à chacun des enfants Calmement Avec plaisir. Encore une chose simple. Encore un raté.
  16. Faire un vrai petit déj tous les 5/6 le dimanche matin. Vu mon incapacité à me lever, voilà…
  17. Prendre soin de moi 30mn tous les soirs Seule. Inutile de préciser que ça n’arrive jamais.

Affligeant est le premier mot qui me vient à l’esprit. J’ai toutes les raisons du monde pour que mes journées soient des catastrophes. Mais à ce point, je ne pensais pas ça possible. Je ne pensais pas que je peinais autant pour des choses aussi simples.

Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi faire. Comment le faire. Pourquoi le faire.

La seule chose que je sais, c’est que je suis loin, très loin, je n’ai jamais été aussi loin de ma vie idéale. Et ça me met encore un coup derrière l’oreille.


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L’instant – Cette histoire ne m’appartient pas

J’en suis l’une des actrices mais cette histoire ne m’appartient pas. Elle appartient à ma fille. Elle m’a demandé d’en parler. Ca reste difficile pour moi. Sans doute car j’ai le sentiment de porter une part de responsabilité dans ce qu’elle vit.

J’avais déjà évoqué les troubles qu’elle développait. Le handicap de son petit frère, des parents qui ne communiquent plus ensemble, une famille recomposée où elle a du mal à se reconnaître. Elle a commencé à se scarifier en 6ème. Pratique qu’elle a vite arrêté. Encore un ou deux petits coups de ciseaux en 5ème. Et puis la 4ème. Le harcèlement. Un proviseur inopérant. Un harcèlement violent. Quotidien. Je lui avais proposé de partir de ce collège. je comprends que l’on puisse choisir la fuite dans ces cas là. J’ai vécu cela. Et j’ai pu fuir (j’ai emmené les démons mais c’est une autre histoire). Mais non, elle est restée. La fin de l’année est chaotique.

Elle part. A la fin de sa 4ème, pensant la soulager, l’aider je l’autorise à partir vivre chez son père. Ma confiance est très limitée. Mais je crois oeuvrer pour son bien.

Dès son retour aux vacances d’octobre, je vois les cicatrices sur son bras. Je tente d’entrer en contact avec son père. Je sais que c’est grave. Que ça va dégénérer. Son père refuse. Malgré tout, elle lui en parle. Un peu. Elle minimise peut être. Et lui ferme consciencieusement les yeux. Ca prend du temps de s’occuper d’une ado en souffrance.

En décembre, je menace ma fille d’une hospitalisation. Elle refuse. Me sentant coupable, je n’ose insister. Et puis je reste persuadée que si je n’estime pas l’homme qu’est son père, je crois encore qu’il fait le nécessaire pour sa fille.

En février, les choses semblent aller un peu mieux. Je tombe de ma chaise aux vacances de Pâques. Ma fille ne va pas bien. Du tout. Je le vois. Je le sens. J’entraperçois ses jambes. La veille de son départ, une crise éclate. Elle utilise des mots durs. Elle me dit qu’elle se sent seule. Qu’elle n’a pas de famille. Qu’elle est malheureuse ici. Là bas. Comment ça là bas ? Je ne comprends plus. Je croyais que c’était la solution à son mal être.

Malgré tout, je la laisse repartir. Sauf que je vais prendre des renseignements. Et cette fois ci je vais tomber de mon armoire où j’étais très loin perchée. Le père de ma fille est un manipulateur pervers. Ou pervers narcissique. Ou ce que l’on veut. Il ne s’occupe pas d’elle correctement. Il lui dit des choses qui la blessent. Il se sert d’elle pour se valoriser. Cette personnalité pervers va si loin qu’une des personnes que j’ai contacté utilisera ce nom, manipulateur pervers, reconnaitra son départ de cette maison pour se protéger et protéger ses enfants, tout en le parant de qualités parentales visiblement absentes. Le 119 contacté me confirmera la nécessité de la ramener en urgence. Elle est en danger.

J’ai donc pris la décision de la ramener. Sans lui demander son avis. Même prête à aller la chercher. Finalement, je la fais rentrer à la faveur d’un week end. Ma fille a très peu apprécié. Durant 12h. Ensuite, je ne sais pas pourquoi, elle change d’avis. Elle se range à mon avis. Nous allons beaucoup parler. D’elle. De son père. De son impérieux besoin de se mutiler. Parce que si l’on pouvait parler de scarification, désormais il s’agit bien de mutilation. D’ailleurs, à la faveur d’une inattention de ma part, elle va me voler une lame de bistouri. Et un coup de fil culpabilisateur de sa grand mère paternel va une fois encore la faire basculer. Elle se coupe profondément. Je vais la soigner. Parce que dès la 1ère heure je sens ce qu’elle a fait.

Ma fille va être hospitalisée en urgence au centre Abadie. La psychologue qu’elle a rencontré lui reconnaît de très grandes ressources. Parce que ses notes ne sont pas catastrophiques. Parce qu’elle n’est pas encore passée à l’acte. Elle m’a confirmé que c’était devenu une urgence vitale.

Jusqu’à ce rendez vous au centre Abadie, le père de ma fille n’avait pas de contact avec elle. Une façon de la culpabiliser un peu plus. Je l’ai prévenu qu’elle allait être hospitalisée. A la suite de mon appel, il a refait surface. Ma fille s’est de nouveau éloignée de moi. Elle considère les quelques mois d’été qui s’annoncent comme une parenthèse dans sa vie. Qu’en septembre elle retournera chez son père. Beau travail papa. Une fois encore, manipulation, mensonge, culpabilisation ont bien fait leur oeuvre.

Sauf que cette fois ci, moi, contrairement aux 25 dernières années, je ne me laisserai pas manipuler. Je vais prévenir les intervenants du centre Abadie. Sur tous les aspects de cette histoire. Je refuse que ma fille fasse une fois encore les frais d’une personnalité déviante. Elle a assez souffert.

Voilà. Un long billet pour raconter cette histoire. Pour alerter aussi. Pour alerter sur les méfaits du harcèlement scolaire. On lit des articles dans les journaux, on entend parler au journal télévisé les histoires de ces enfants qui sont passés à l’acte suite au harcèlement de leurs condisciples. Un jour ça vous touche. En pleine poire.

Et puis un long billet pour dire à ma fille que je vais me battre pour elle. Je m’y suis engagée verbalement devant elle. Je m’y engage ici. Parce que tu es une gamine extraordinaire. Parce que je t’aime. Parce que tu ne mérites pas ce qu’il t’arrive. Parce que tu mérites le meilleur.

Cette histoire ne m’appartient pas. Il s’agit celle de ma fille. Et nous allons écrire ensemble un nouveau chapitre. Un beau chapitre. Un chapitre d’espoir.