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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Boxer la vie

La vie m’a rarement fait de cadeaux. En particulier en ce qui concerne ma vie personnelle. J’ai vécu des choses difficiles et ce dès mon enfance.

Aujourd’hui, et comme beaucoup trop souvent ces derniers temps, la vie ne m’a offert que larmes, amertume, inquiétude. Je ne rentrerai pas dans les détails cette fois ci, sans doute un jour, quand ça ira mieux. Mon coeur de maman s’est brisé. Je ne sais pas si je pourrai en recoller les morceaux. Mon coeur d’épouse s’est serré devant tant de souffrances, devant tant d’efforts, de solitudes.

Et puis, il y a le membre de ta famille qui  rajoute de la souffrance à la souffrance. Qui rajoute du jugement aux jugements. Qui rajoute de la bêtise à la bêtise. Que les inconnus, ceux avec qui nous ne partageons rien nous jugent, ça ne me touche pas. Il s’agit juste d’une donnée qui permet de savoir que ces gens ne feront pas partie de notre vie.

En revanche, qu’une personne pour qui j’avais de l’amour, de l’affection, même du respect malgré le passé se permette de me juger, de nous juger me blesse au delà des mots. D’une façon méchante, gratuite, à un moment où ma souffrance ne connaît pas de limite, un membre de ma famille s’est autorisé à dire les mots de trop. Je dis stop.

Je ne me suis pas permise de juger l’absence, les mensonges, la tromperie. Je ne me suis pas permise de juger la veulerie, la lâcheté.

Aujourd’hui, je juge que la violence des mots prononcés, à ce moment de ma vie si douloureux, est inacceptable. Je juge que je ne peux continuer à ignorer la bêtise, la méchanceté gratuite, le manque d’empathie pour son propre enfant. Je ne peux ignorer que rajouter de la douleur à la douleur, ce n’est pas bien.

La vie ne m’a pas fait de cadeau. Elle m’a offert des enfants merveilleux, un mari aimant et courageux. Elle m’a offert une maman attentive, douce, adorable.

La vie me boxe. Malgré tout, j’ai relevé le défi plus souvent qu’à mon tour. Je boxe la vie, je rends coup pour coup. Je ne suis pas KO. Je pense que je ne le serai jamais. Parce que je suis comme ça. Une combattante.

En revanche, je n’ai absolument pas besoin que mon père rajoute ses coups aux coups de la vie. La vie m’a appris que pour bien boxer, il ne fallait pas garder de poids superflu.

Pour continuer à boxer la vie, j’ai décidé que je n’avais plus de père.


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L’instant – J’ai fait les soldes

Pas pour les enfants. Enfin, si. Pour eux surtout. Mais là j’ai fait les soldes pour moi. En fait, j’ai acheté une paire de chaussures. Mais c’était La paire de chaussures. Celle que j’avais repéré. Celle qu’à 80€ dans le magasin, je n’avais pas acheté. Ma limite pour les rêves est très basse.

Au début j’ai jeté un oeil sur le site de la marque. 40% de remise. Pas assez. Lundi, 50%. Banco.

J’ai reçu ma paire de chaussures aujourd’hui. Un jour où les larmes coulaient tranquillement sur mes joues. Où la peine et la tristesse assombrissaient vraiment ma journée.

J’ai enfilé mes jolies chaussures. J’ai souri. Et puis j’ai regardé mes pieds. Ils sont, tout comme mes mollets, atteint d’oedème. Très important l’oedème. J’ai ce problème depuis l’adolescence. Ca m’a pourrit l’adolescence. Je n’ai jamais porté de jupes plus courtes que la cheville. Je n’ai jamais porté de shorts. Je suis dans la 2ème partie de ma vie. Et mes jambes n’ont jamais vu le soleil.

Dans mes jolies chaussures, mes pieds gonflés font peine à voir. Je suis au delà du knackie hein. Et mes jambes ? Quand j’avais 17 ans, lors d’un stage hospitalier, une surveillante les avait aperçus. Et m’avait demandé si je faisais de l’éléphantiasis. Je t’invite à aller voir. Ou pas. Je ne suis pas à ce point là. Disons que ce n’est vraiment pas beau. Mon complexe de toujours. Celui qui m’empêche de mettre les jolies robes de mon placard. Qui m’empêche de me mettre en short même quand il fait 45°. A cette température, je suis bien souvent en jean.

Ce matin, j’ai enfilé mes jolies chaussures. J’ai pu en fermer la bride. Ce n’est pas toujours le cas. J’ai regardé mes pieds. J’aurais pu encore pleurer sur ce sort qui ne m’a même pas offert une anatomie « classique ».

Je suis partie dans ma chambre. J’ai pris une photo de mon pied. J’ai regardé la photo. J’ai regardé ma chambre. Je suis dans la 2ème moitié de ma vie. Est ce que je vais la passer comme la 1ère ? A guetter le regard étonné, moqueur plus souvent que vont poser toutes ces magnifiques femmes qui ont des jambes normales ?

J’ai retiré mes jolies chaussures. J’ai rangé ma chambre. J’ai trié mes vêtements. J’ai essayé une jolie robe noire. Qui arrive au dessus de mon gros genou. J’ai remis mes jolies chaussures. J’ai souri.

J’ai fait les soldes. Et la 2ème moitié de ma vie sera bien meilleure que la 1ère. Parce que mes jolies chaussures, je les veux à mes pieds. Pas dans mes rêves.

PS : Le problème de mes jambes est bien grave qu’un simple oedème. Je dois me faire soigner. Et je vais donc le faire.

PS 2 : Pour les curieux, voici le modèle plus en détails


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L’instant – Et un nouveau virage, un !

J’espère que vous n’avez pas mal au coeur à force de changements, aménagements, orientations prises pour être abandonnés. Et un nouveau virage qui arrive.

Comme vous l’avez lu précédemment, depuis un peu plus d’une semaine, nous avons eu un nouveau diagnostic pour notre fils. Ce diagnostic est suffisamment « grave » pour que mes choix professionnels soient de nouveau remis en question.

Alors bien sur, il n’est pas question pour moi d’arrêter de travailler. J’aime ce que je fais. Il s’agit de ma passion. Mais je dois trouver un nouvel équilibre. Et me libérer du temps.

J’ai donc décidé de ne pas tenter de constituer de stocks, de proposer mes produits à des magasins de créateurs. Je ne ferai pas non plus de marchés ou de salons. Le site internet va être mis en stand by le temps de réorganiser les conditions de vente.

Je n’accepterai plus qu’une ou deux commandes personnalisées par mois. Actuellement j’ai une commande pour juillet, trois pour août et une en septembre. Les commandes que vous voudrez passer seront donc mises en listes d’attente. Il n’y aura pas de commandes exceptionnelles pour noël.

Je vais mettre l’accent sur l’animation d’ateliers, dans un premier temps d’origami. Ma mairie m’a proposé d’animer des ateliers TAP. J’ai donc décidé d’accepter. J’espère proposer d’autres ateliers, adultes ou enfants, dans d’autres espaces.

Et puis, j’ai prévu de proposer des box. Dès la rentrée, je vais proposer, soit en abonnement, soit en vente à l’unité des box origami enfant. Suivront une box exceptionnelle pour noël. Puis viendront des box origami adulte sur le même format que celles des enfants.

Tout cela va nécessiter bien sur du temps pour la mise en place mais ensuite ça devrait être plus facile à gérer. Et me libérer du temps pour m’occuper correctement de mon fils.

Et si au bout de tout ça il me reste encore du temps, je vais créer. Des pièces exceptionnelles. Des pièces uniques. Des idées, des envies. Que vous pourrez retrouver sur le site internet. Ou soyons fous, pourquoi pas dans une galerie.

Alors, vous me suivez dans ce nouveau virage ?


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L’instant – Pas que ça

Il y a un peu plus d’une semaine, je venais partager ici ce nouveau diagnostic qui m’a mis à plat, à terre et dont j’ai bien du mal à me relever. J’ai d’ailleurs eu l’occasion dès le lendemain, d’inaugurer une nouvelle sensation. Celle de quand tu te réveilles, tu regardes la lumière dehors. Tu souris. La vie te semble douce. Tu te sens bien. Et d’un coup, la réalité arrive. Tu te souviens. « Mon fils est autiste ».

Je me suis alors levée. Et je suis allée relire le blog de Ginie. Il y a 2 mois, elle a appris la même chose que nous. Quelqu’un du même CRA que nous avait prononcé les mêmes mots. Elle a partagé avec ses lecteurs. Dont moi bien sur.

Et puis dès le lendemain, elle a écrit ça. Et c’est tellement ce que je ressens. C’est tellement ce que j’aurai pu écrire si j’avais eu son talent. Alors plutôt que mal l’écrire, je vous invite à aller le lire chez Ginie.

Ce matin là, je me suis rappelée l’essentiel. Je me suis rappelée que mon fils s’appelle Gabriel, qu’il a 8 ans et c’est tout. Ce n’est pas Gabriel, 8 ans, autiste. C’est Gabriel.

Une question a été posée par une maman pour savoir pourquoi, moi ou d’autres, éprouvions le besoin de raconter la vie de notre enfant sur notre blog. L’une des raisons, c’est celle ci. Parce qu’en venant ici, une maman, un papa, peut trouver un réconfort, des réponses, même un soutien. Et ce qui m’a fait du bien sur le blog de Ginie, peut faire du bien à d’autres.

Plus personnellement, je trouve un réconfort à partager par écrit mes sentiments. Je suis quelqu’un d’assez réservée de nature. Mes larmes, je les verse souvent sur mon clavier. Mes cris, ce sont mes mots. Peut être ai je tort. Peut être que j’aurai pu trouver une autre façon d’exprimer mes émotions, mes ressentis. D’autant qu’il n’y a pas de droit à l’oubli sur internet. Un jour, mon fils, lira mon blog. Peut être. Il ne sera peut être pas d’accord sur cette étiquette que je lui ai collé. Mon choix à moi est de partager. En toute impudeur. En toute franchise. Je ne suis pas anonyme. Par extension mon fils ne le sera pas. C’est un choix que j’ai fait pour lui. Et que j’assume.

Et il n’est pas que ça. Je vais m’attacher à continuer de partager sur ça. Pour faire connaître ces handicaps (que ce soit le TDA ou l’autisme), pour soutenir et encourager. Pour partager ma douleur, mes joies autour de ces troubles et tout ce qu’ils apportent.

Et je vais m’attacher à parler de mon fils. A vous faire connaître l’être humain magique qu’il est. Gabriel, 8 ans. Petit garçon exceptionnel. Et rien que ça.