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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…

L’instant – Quand je m’y frotte

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On peut le dire, je m’y pique. Il y a 10 jours, j’ai fait mon baptême du feu, avec l’organisation d’ateliers d’origami dans le cadre des TAP. Tu sais, les Temps d’Activités Périscolaires qu’en dehors de notre gouvernement, tout le monde critique. Le truc qui fatigue encore un peu plus nos gamins, casse tête pour les municipalités, ce qui va plomber tes impôts. Bref, bref, je m’égare, je m’emporte.

J’ai été contactée par ma municipalité pour animer des ateliers d’origami. Comme le concept d’ateliers était déjà dans ma petite tête, j’ai décidé d’accepter. Je devais commencer après les vacances d’octobre mais branle bas de combat, en septembre, je dois commencer plus tôt. Genre beaucoup plus tôt. Genre la semaine suivante. Genre je n’ai rien de prêt. Panique, réaction, je prépare tout dans la semaine et je me présente, légèrement tendue (pléonasme au vu de mes mains moites) à une des écoles de mon bourg.

J’avais bien sûr au préalable donné mes conditions pour organiser cette activité. J’apprends l’origami traditionnel. C’est à dire que l’on commence par le début et l’apprentissage du solfège du pliage. Et ensuite on plie. On répète beaucoup les mêmes gestes. On se trompe et on recommence. Beaucoup. L’origami réclame patience, concentration, application. Et envie. J’avais donc limité le nombre d’enfants à 10. Ce qui est déjà beaucoup. Et préparer mon matériel en fonction.

Et donc je me présente. Et je me retrouve face à 20 gamins déchaînés, irrespectueux, qui veulent savoir faire les trucs les plus compliqués sans apprendre les bases. Ils ne s’appliquent pas, mettent le bazar, bref je sens déjà ma motivation vaciller et je n’ai qu’une envie, mettre quelques fessées déculottées à ces enfants qui ne connaissent pas les limites.

Le seul moment qui va les intéresser, c’est à la fin, lorsque je prends en photo le seul pliage réalisé avec soin par une de mes élèves et que je diffuse sur les réseaux sociaux. Eux aussi veulent que ce qu’ils appellent pliage soit diffusé. Bien sûr je refuse. Et l’idée de génie. Oui, n’ayons pas peur des mots, je suis un génie sur ce coup là. Je leur promet que la semaine prochaine, je sélectionnerai les plus beaux pliages pour être à leur tour diffusé. Et j’ajoute qu’en revanche, si la séance de la semaine suivante se passe à l’identique, 10 d’entre eux seront exclus.

Et je préviens la responsable du service jeunesse.

Autant vous dire que lundi, je n’en menais pas large. D’autant qu’une extinction de voix venait en plus se rajouter au tableau. Et en fait, ça s’est bien passé. Motivés peut être par la perspective de voir leur photo circuler, peut être que j’avais réussi à leur donner envie, peut être que les brouillons de ce qu’ils avaient ramené à la maison leur a valu des félicitations des parents, mais en tout cas ils se sont montrés bien plus calme.

Enfin, comme on peut l’être en fin d’après midi, quand on enchaîne un temps de classe avec une activité de loisirs. J’ai été agréablement surprise par la rapidité avec laquelle certains ont commencé à comprendre les schémas. Et à me montrer des pliages relativement réussi. Alors bien sûr, sur les 20, il y en a 10 de vraiment impliqués. Les autres sont très dispersés et 4 ou 5 d’entre eux sont irrécupérables pour cette activité. Et quand à la fin, je leur ai redit que cette fois ci ils seraient plusieurs dont l’origami serait pris en photo, que je les ai félicité, que j’ai murmuré à l’oreille de 2 d’entre eux ( les plus dissipés) que j’avais confiance en eux et que je savais qu’ils pouvaient faire quelque chose de magnifique, j’ai vu dans leurs yeux l’envie, la joie. Ce n’est pas gagné, il faudra recommencer tous les lundis, mais en tout cas, j’ai pris du plaisir à transmettre et je crois qu’eux ont eu du plaisir à apprendre.

En revanche, je sors de là épuisée, assourdie par les 20 « Maîtresse » « Christelle » »Christine » (oui mon prénom est variable visiblement). 20 c’est trop. Beaucoup trop pour faire un travail correct. Ils doivent travailler en autonomie et quand on a jamais fait d’origami c’est juste impossible. Je passe donc l’heure à passer d’enfants en enfants, à répondre dans l’urgence, à ne pas pouvoir passer du temps sur une difficulté. Le service jeunesse m’a demandé si au cycle prochain j’acceptais de prendre 20 enfants. J’ai refusé. Net.

Dis donc le gouvernement, tu n’as pas envie de revoir ta copie sinon ?

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2 réflexions sur “L’instant – Quand je m’y frotte

  1. Je partage complètement complètement ton avis sur les nouveaux rythmes scolaires. (je muris un truc sur le sujet d’ailleurs. peut être que ke le publierai avant 6 mois (ou pas) bref je m’égare)

    je trouve ça génial que tu animes un atelier d’origami et que tu arrives à transmettre ta passion à ces enfants. on sent la passion dans tes mots et ça fait vraiment plaisir à lire.

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