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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…

L’instant – Une grande peine

4 Commentaires

Il y a des moments dans la vie où on réalise qu’il n’y a pas de hasard. On aimerait bien hein. Et puis la vie, ses cadeaux, ses petites attentions juste pour moi.

Aujourd’hui, il s’agit de la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal. Et hier j’étais chez un spécialiste pour évoquer l’état de mon réseau veineux des membres inférieurs. Traduction évoquer mes jambes poteaux. S’il s’avère que mon réseau veineux, pour mon âge, mon poids, mon nombre de grossesses menées à terme est très bon, en revanche mon nombre de de grossesses non menées à terme et mon patrimoine génétique laissent penser que j’ai peut être un souci.

Bon je m’en doutais un peu. En revanche, je ne savais pas, que si j’avais connu cette anomalie, je n’aurais peut être pas perdu autant de bébé. Si à chaque début de mes grossesses, on m’avait mis sous anti coagulant, mes grossesses auraient pu aboutir.

J’ai pleuré dans le cabinet de gentil angiologue. J’ai pleuré sur ces bébés qui ne sont pas venus au monde. Je me suis aussi mise en colère. En colère contre ces médecins, par ailleurs fort apitoyés par mon chagrin,  m’ont servi du « C’est la nature, elle se débarrasse des foetus non viables ». J’ai encaissé ces mots plein de délicatesse à chaque fois. Quand j’ai demandé un bilan je n’ai récolté qu’un regard plein de pitié. Et je n’ai pas su insister. Je ne me culpabilise pas de ne pas avoir su m’imposer. 10mn avant, j’étais les 4 fers en l’air en train de regarder mon bébé flotter sans vie.

Aujourd’hui, en cette journée si particulière, j’ai aussi envie de dire aux médecins « Ecoutez nous, écoutez notre douleur. Prenez le temps de nous revoir, après. Et si une prise de sang peut changer les choses n’attendaient pas les 4ème, 5ème fausse couche pour la faire. » Et puis surtout, surtout, n’allez pas dire des horreurs comme « foetus non viables ».

Lors de ma dernière fausse couche, j’ai eu un sentiment terrible. De la peine, de la colère. Et surtout je répétais sans cesse que je perdais mon fils. Celui que je pensais emmener à l’université. Celui que je voyais un jour autonome, adulte. Pas un foetus. Non, mon enfant. J’ai perdu un enfant.

Ce soir je pense à vous toutes et vous tous (car les papas perdent aussi un enfant). Et j’ai beaucoup de peine.

PS : Mon petit problème est génétique. Il en existe 2 formes. On espère que je suis porteuse de la forme bénigne qui nécessite juste de petites précautions et une attention particulière dans certaines circonstances. La forme grave serait beaucoup plus embêtante.

Et mon petit problème est génétique. Donc transmissible. J’ai donc appris que mes filles devront être dépistées. En cas de grossesse, elles seront ainsi protégées des risques de fausse couches. Et mes fils aussi. Car ils peuvent le transmettre à leurs propres enfants.

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4 réflexions sur “L’instant – Une grande peine

  1. C’est terrible ce que tu racontes !
    A la fois, le fait d’apprendre que tu aurais pu avoir tes enfants si des médecins avait fait leur boulot correctement sans se faire (trop) influencer par les préjugés… Je n’ose imaginer ta douleur et ta rage.
    Et à la fois le fait de se savoir porteuse d’une maladie qu’on peut potentiellement transmettre à ses enfants. Et la subir soi-même évidemment.
    Je t’envoie plein de douces pensées (qui ne sauraient apaiser tout cela) et tout le maigre réconfort que peuvent apporter les mots.

    • Je rectifie Il ne s’agit pas d’une maladie mais bien d’une mutation qui prédispose à certaines maladies Er la forme hétérozygote est relativement peu embêtante même s’il faut prendre des précautions
      C’est juste la partie fausse couche qui me fait de la peine en fait Je ne suis pas en colère
      Merci pour tes mots qui ne sont pas dérisoires et qui font du bien

  2. Encore un constat terrible concernant le manque de professionnalisme de certains médecins, je partage ta colère même si tous ne sont pas à mettre dans le même panier. S’imposer tu as raison et c’est aujourd’hui ce que je fais. On n’est jamais trop précautionneuse, quitte à passer pour des emmerdeuses. J’espère que les résultats t’apporteront la réponse la plus douce Chrys. Des bises.

    • Maintenant je suis beaucoup plus affirmée D’un autre côté ces moments sont tellement difficiles que l’on ne pense pas à se battre
      Merci beaucoup pour tes paroles ❤

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