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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – 8 ans

Hier nous avons fêté pour la première fois notre anniversaire de mariage. 8 ans de mariage. Les noces de coquelicot (chose que j’ignorais avant qu’on me le dise). Et cette année, l’exploit fut que je me souvienne de la date.

Mon mari et moi ne portons pas nos alliances. Moi parce que de toute façon je ne rentre plus dedans et mon mari la porte autour du cou (il est interdit dans son métier de porter des bagues). J’ai aussi jeté ma robe de mariée. Parce que dans la série mariage pourri, j’ai sans doute eu le mariage le plus pourri qui puisse se faire.

Nous sommes sans doute le couple qui a divorcé le plus souvent. Nous nous sommes séparés à de nombreuses reprises. Enfin lui partait, moi je restais à la maison avec les enfants. Les disputes, l’incompréhension, les paroles malheureuses ont émaillé les 10 dernières années. Nos enfants ont souffert. Nous avons souffert.

Pourquoi être resté? La réponse a longtemps été difficile à trouver. Je voyais derrière l’homme impulsif, imprévisible, épuisant, colérique, parfois violent (non il ne m’a jamais tapé) l’homme gentil, attentionné. Passionné bien sûr, avec un caractère de cochon m’enfin vu mon propre caractère il vaut mieux ça sous peine d’être dévoré tout cru.

Et puis il y a 2 ans, à l’occasion du diagnostic de TDA pour Gabriel, le doute qui arrive. Et si lui était touché. Pour la faire brève, c’est le cas. Et une forme sévère. 1 enfant sur 2 verra son TDA/H s’atténuer, voir disparaître une fois adulte. Les autres malheureusement seront toujours atteints. Avec une vie sociale chaotique, une scolarité raccourcie, une vie professionnelle ratée. Et surtout un putain de caractère de merde.

Mon mari a fait les bilans, a payé devrais je dire les bilans. Et puis il a attendu. Perdu un énième boulot. Encore attendu. Et puis on a fait du forcing. Pour qu’il puisse enfin prendre ce médicament qui pouvait peut être nous sauver.

Depuis 1 mois et demi, mon mari est sous concerta. Un médicament qui contrôle les effets du TDA/H. Et depuis 1 mois et demi je sais pourquoi je suis restée. Pour cet homme. Gentil, souriant, calme, attentionné, posé, réfléchi. Avec un caractère de merde mais qui se contrôle, qui réfléchit avant d’agir. Qui m’aime. Avant aussi il m’aimait soyons clair. Mais pas bien.

Alors hier, nous sommes allés fêter notre 8ème anniversaire de mariage. Parce que pour la 1ère fois depuis 10 ans, nous avions quelque chose à fêter.

Nous.

 

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L’instant -Un colibri

Depuis de nombreuses années, je m’intéresse à la politique. Je ne parle pas du cirque auquel  nous assistons tous les jours à 20h mais bien la politique au sens vie de la cité.

Et depuis de nombreuses années, je suis persuadée que l’on peut changer les choses en se retroussant les manches. Et pas uniquement en regardant le journal télévisé. Ainsi, vers 25 ans, je suis devenue volontaire chez Aides. Quand j’ai eu un enfant, en tant que mère célibataire, c’était un peu compliqué et j’ai arrêté. Mais j’ai toujours souhaité m’impliquer.

Il y a 4 ans, lorsque le « gouvernement » a décidé de s’en prendre à nos enfants avec sa réforme des rythmes scolaires, je me suis engagée auprès de la fédération des parents d’élèves en place. Et lors des élections municipales d’il y a 2 ans, le nouveau maire a mis en place des commissions de citoyens pour travailler autour de différents pôles. J’ai choisi de m’impliquer dans celui concernant la scolarité au sens large.

Dans mon idée, il s’agit de faire ma part. Je ne désire pas être président, ministre ou même député. Mais juste pouvoir agir à mon niveau. Vous savez l’histoire du colibri.

Depuis 18 mois, notre pays est agité de troubles, d’actions terroristes. Une crise économique depuis 4 ans, la précarité pour de plus en plus de monde. Des migrants tentent de rejoindre l’eldorado, ignorant qu’ils ne seront les bienvenus nulle part.

Et depuis 2 jours, cette photo de cet enfant sidéré à Alep. Cette photo insoutenable qui circule partout. Cette photo, je peux à peine la regarder. Mon dernier a son âge.

Et depuis 2 jours, ma colère monte. Qui n’a pas fait sa part ? Moi ? Vous ? Qu’aurions nous pu faire pour cela n’arrive pas ? En fait, pas énormément de choses. De petites choses mais qui ne pourraient pas stopper cette guerre.

En revanche, il y a des gens qui peuvent faire quelque chose. Vous les connaissez. Ce sont ceux que nous voyons tous les soirs, que nous entendons dans notre poste de radio. Ils s’agitent, se disputent, argumentent. Pour défendre Alep ? Pour protéger les migrants qui cherchent une terre d’asile ? Pour arrêter ces tueurs d’enfants, de familles ?

Non. Pour le pouvoir. Pour l’argent aussi un peu. Pour les banques. Pour les financiers. Mais surtout pour le pouvoir. Pour l’ego. Pour vous ? Pour moi ? Mais non !! Ils s’en foutent royalement. La seule chose qui les intéresse chez vous, c’est votre bulletin de vote. Ils ne veulent pas entendre votre voix, mais ils la veulent. Pour eux. Ils ne changeront pas les choses. Ils n’arrêteront pas les guerres. Ils n’arrêteront pas l’intolérance, les débats stériles. Ca les nourrit.

Est ce nous pouvons changer les choses ? Je fais partie de ceux qui pensent que oui. Mais seuls nous ne pourrons pas. C’est en nous unissant contre eux. C’est en faisant notre part. Même minuscule. Même si cela nous semble dérisoire. Ne les regardons plus nous prendre pour des imbéciles. Agissons. Bougeons.

A mon niveau, je vais continuer à m’engager dans ma cité. Je vais continuer à ne plus regarder ces pantins à la télévision. A ne plus les croire. Je vais continuer à croire dans les colibris. Et tenter de changer les choses. A mon niveau.


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L’instant – La volonté

Il y a 2 jours il me semble, je me rapprochais de nouveau de twitter pour dire à quel point je n’aimais pas mes enfants, à quel point j’étais persuadée que je n’étais pas faite pour avoir des enfants. Enfin surtout les 3 derniers. Pas de pause, des cris en permanence, une attention sans cesse réclamée. Comme me l’a dit mon amie Barbara « tu es à bout toi ». Et c’est ça.

Le manque de sommeil n’y est pas pour rien. Le manque d’interactions avec des adultes en dehors de mon mari non plus. Je passe mes journées à gérer des conflits, à modérer les hurlements de rage ou de joie au choix. Je ne suis que dans l’urgence et dans la frustration la plus complète.

Hier, j’avais mon heure à moi de la semaine. Mon heure de cheval. Sauf que comme par hasard, ça ne s’est pas bien passé du tout. J’étais malade, fatiguée par mes nuits où bébé chou continue à venir chercher son doudou (pour ceux qui l’ignorent encore ce sont mes cheveux), atterrée par l’état de ma maison que je suis incapable de tenir, triste de voir mon travail que je suis bien incapable d’avancer. Alors le hasard hein…. Hier soir, comme tous les soirs de la semaine, je me suis couchée, triste, démoralisée à 21h. A 21h30 bébé chou est venu me rejoindre. Et malgré mon épuisement, je n’ai pas réussi à m’endormir. Alors comme trop souvent ces derniers temps, je suis allée prendre un comprimé magique qui fait dormir. J’ai recouché bébé chou dans son lit (bon il est revenu pour finir la nuit hein fallait pas rêver) et j’ai attendu le sommeil.

Et juste avant de fermer enfin les yeux, j’ai lu un tweet qu’une amie m’a envoyé « Scarlett O’Hara dit Tomorrow is another day ». Au delà du fait, qu’il s’agit d’un de mes livres, personnages, phrases favoris, je me suis endormie là dessus. Et toute la nuit, à chaque fois que j’ouvrais les yeux (ce qui m’arrive très/trop souvent) un mot résonnait. Volonté. Chaque jour est un recommencement. Alors demain tu vas recommencer.

Alors pas de miracle. Je me suis levée épuisée. Agacée par leurs disputes. Mais j’ai décidé d’être volontaire. Alors j’ai rangé ma maison. J’ai brossé les dents de Gabriel (non il n’est pas autonome), j’ai eu envie d’écrire. J’ai eu envie d’écrire la volonté, l’espoir, la joie qu’on ne sait pas voir, les yeux qui se mouillent devant les sourires de fierté de mes enfants.

Demain est un autre jour. Il faudra toujours recommencer, retrousser ses manches sur un nouveau labeur. Mais avec la volonté, l’envie et l’espoir, un pas après l’autre, on avance. Souvent seuls, notre famille, notre couple tient. Nous traversons les épreuves. Et nous nous levons tous les matins avec cette volonté chevillée au corps.

Et tous les soirs, je me coucherai avec Scarlett.

PS : Merci Cécile


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L’instant – STOP

Il y a des moments dans la vie où on sait qu’on est à la croisée de nouveaux chemins. Depuis quelques semaines, j’avance tout doucement vers cette croisée que je pressentais. Et cette nuit, ce matin, j’ai posé le dernier pas. Celui des choix. Celui où on ne peux plus reculer. Celui que l’on regarde et au final où l’on sait. On sait quel chemin on va choisir. Et on sait que quoi qu’il advienne, ce choix sera le bon.

Alors ce matin en posant mon pied par terre, j’ai dit STOP. STOP aux faux semblants, à l’hypocrisie, en particulier des réseaux sociaux. Cette première prise de conscience, je l’ai réalisé hier en regardant mon fil Facebook. Une blogueuse « copine » faisait un sponso qui ne dit pas son nom en montrant son dernier achat à 100€. Et j’ai réalisé que 100€ pour moi c’était un plein de courses. Que je ne vivais pas dans ce monde où l’on fait de la pub déguisée sur le dos de son enfant, où la consommation est vantée comme un essentiel à nos vies. Et puis j’ai réalisé que les réseaux sociaux  n’étaient plus ou quasiment plus que cela. Et que j’étais accro. Alors j’ai dit STOP.

On peut faire le choix de vivre de son blog. Certaines le font et très bien. Mais surtout sans hypocrisie, jalousie. Elles en ont fait leur métier et le font bien. Et puis il y a la majorité des autres. Qui le font. Mal. Qui mangent à tous les râteliers. Y compris les plus improbables. J’ai fait le choix de ne pas faire de sponsos ( billets de blogs pour lesquels on est payé pour les écrire). Enfin le choix. On ne me sollicite pas et je ne sollicite pas non plus.

Par contre, mon fil twitter, facebook, instagram regorge de pubs cachées, déguisées. De contenus vides où l’on vante une marque qui nous paye pour cela mais bien sûr en toute indépendance. Cette hypocrisie, je ne peux plus. Je n’ai plus envie de lire des pages de pubs. Depuis octobre dernier, où le fameux Dubaï gate m’a valu une volée de bois verts, je suis beaucoup moins présente. Oui, parce que si tu ne penses pas comme la majorité, tu es méchante. Si tu donnes ton opinion qui va à contre courant, on peut te snober, on peut t’ignorer, voir ne plus te répondre. J’ai 1155 twittos. Et environ une quinzaine d’amis virtuels. J’avais tendance à penser que si l’on me suivait, c’était parce que ce que je disais présenté un certain intérêt. Non. En fait.

Alors je dis STOP. J’arrête les réseaux sociaux pour quelques temps. Sinon je vais dire ce que je pense à beaucoup. Et je n’ai plus envie de défendre mon opinion face à des gens qui n’en valent pas la peine. Je vais passer mon mois d’août à m’occuper de mes enfants. A m’occuper de ma maison. A tenter de développer mon entreprise. Ce sera une désintoxication quand on sait que je passe mes nuits d’insomnie à vous lire. Il y aura des photos de mon travail sur IG. Qui seront donc partagés sur les RS. Parce que je crois en mon activité et que je veux qu’elle se développe. Mais plus de perso. Rien.

Il y aura aussi Snapchat. Cet outil merveilleux, au delà de faire des selfies très valorisant, me permet d’être en contact quotidien avec ma fille qui est à l’autre de la terre ou presque.  Vous pouvez m’y rejoindre si vous êtes un(e) ami(e). Je refuserai les autres. Mon pseudo est chiawaze1.

Et puis merde quoi. Souriez, vivez, vibrez, jouissez, profitez. Regardez la vie. Ouvrez lui les bras. Parce qu’on en a qu’une. Et que ce n’est pas sur Twitter ou Facebook que ça se passe. Soyez le colibri. Faites votre part.