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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…

L’instant – Une insulte ? Vraiment ?

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J’habite un patelin. Il y a 8 ans quand je suis arrivée, il fallait la voiture pour aller chercher du pain. Mais les gens semblaient forts sympathiques. A l’usage, c’est comme partout. Du bon et du moins bon.

Ce matin, j’ai respecté le code de la route. Ce qui a semble t il surpris une automobiliste parisienne. Maman comme moi. C’est quelqu’un que je côtoie malheureusement régulièrement. Ses 2 filles sont proches de mes 2 derniers. Il s’agit d’une personne agressive, hystérique et la pauvre est dotée d’une voix de crécelle absolument terrible.

Ce matin, à ce croisement, j’ai lu sur ses lèvres les gros mots, j’ai vu son visage déformé par la colère. Je n’avais pas d’enfant avec moi, elle s’est arrêtée 10m plus loin. Je l’ai donc rejoint et je lui ai demandé ce qui avait bien pu lui poser problème.

Le fond de la dispute n’est pas très important. Mais elle m’a insultée. Sa première insulte fut : « Mais pourquoi vous ne faites jamais comme les autres ? ». Dans sa bouche, cela sonnait vraiment comme une insulte. Le mépris tordait ses lèvres. Quand je suis repartie dans ma voiture, mes mains tremblaient, mon estomac était en vrac.

J’ai ruminé pendant 2 petites heures ces mots qui semblaient être les pires dont on puisse me qualifier. Et puis tout d’un coup, j’ai souri. Celle malheureuse venait de m’offrir mon bonheur de la journée. Ce qu’elle considérait comme une insulte était en fait un compliment. Sans doute l’un des plus beaux que l’on puisse offrir.

Et le pire, c’est que jusqu’à présent, je prenais ma différence pour un fardeau. Mon caractère impétueux et souvent sans concession me vaut de l’isolement, des jugements hâtifs, des amitiés éphémères. Mais grâce à elle, j’ai compris que j’étais quelqu’un qui non, ne fait pas comme les autres. Qui refuse de plier face aux règles idiotes, qui refuse de ménager les susceptibilités, qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas sans avoir le courage de le dire.

Jusqu’à présent, je n’en voyais que le côté négatif. Mais face à cette femme, j’ai réalisé à quel point j’avais une liberté que jamais cette femme n’aurait. Qu’elle était bloquée dans son conformisme. Que moi je n’ai pas. Et que je n’ai jamais eu.

Bon, sa deuxième insulte (qu’au final, je ne fichais rien de ma vie) m’a beaucoup plus blessée. Et je ne suis pas super fière de ce que je lui ai répondu « Vous vous trompez, je ne suis pas prof, moi ». Parce que j’ai des amies profs. Et que franchement, je ne pense pas qu’ils ne fichent rien. Mais je plains ses élèves et leurs parents.

Au final, ce n’était pas une insulte. En revanche, demain, elle va se sentir profondément insultée. Par mon sourire. Et par l’invitation de sa fille à l’anniversaire de mon fils.

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