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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Je ne suis pas sympathique

Il y a des moments où je m’interroge sur moi, sur ce que je présente aux autres. Sur ce que les autres voient en moi qui justifie autant de rejet, autant de manque de bienveillance. Ou alors c’est pas fait exprès mais quand même. Ne pas se rendre compte à quel point cela peut être blessant c’est du foutage de gueule. Ou un simple manque d’empathie, d’éducation ?

J’ai un paquet d’exemples en ce moment. Et depuis un moment même si ça semble s’accélérer ces derniers temps. Je vais juste citer deux exemples qui m’ont tous les deux profondément blessés. Le premier date d’il y a quelques semaines. Ou plutôt il tire en longueur depuis plusieurs mois. Il y a quelques temps, j’ai passé du temps à échanger avec une maman, le cul dans ma voiture (j’échange beaucoup dans ma voiture n’est ce pas Catherine ?) sur des choses importantes, des choses difficiles. Nous nous sommes confiées de choses qu’on ne partage pas avec n’importe qui. Loin de moi de penser que ça faisait de nous les meilleures amies du monde (j’en ai déjà une et j’en veux pas d’autres n’est ce pas Catherine ?). Loin de moi de penser qu’il fallait que nous soyons collées l’une à l’autre 24h/24. Mais mes invitations à partager un goûter ont été de plus en plus souvent déclinées, mes SMS sont restés sans réponse de plus en plus. Depuis, un autre souci est venu parasiter tout ça, ce qui d’ailleurs m’a valu cette fois ci un SMS légèrement désagréable. Longtemps, trop longtemps, je me suis sentie blessée, rejetée et puis j’ai fait mon deuil. Après tout on ne peut pas forcer quelqu’un à vous apprécier malgré les confidences échangées.

Et puis il y a eu d’autres exemples. Dont celui d’aujourd’hui qui m’a heurté profondément. Mes enfants sont invités à un anniversaire d’un copain. La mère de ce copain fait partie du cercle des mamans que je fréquente à la sortie de l’école. Je lui rends de temps en temps le service de l’emmener à l’école avec son fils vu qu’elle ne conduit pas. Je fais ça depuis un peu plus d’un an. Une fois encore, je n’imagine pas que ça me donne le droit à un traitement spécial. Seulement aujourd’hui, devant moi, l’ensemble de ces mamans ont évoqué l’invitation que la maman que je véhicule a fait pour tout le monde. Sauf moi. Sans aucune considération pour ma présence, mon amour propre, sans aucune bienveillance, empathie, elles se sont interrogées sur ce que chacune devaient amener.

Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement affable. Je ne suis pas non plus particulièrement sympathique. En tout cas, ce type de comportement me dit que ce jugement que je porte sur moi (et qui manque aussi de bienveillance) est le bon. En revanche, je m’interroge sur ce type de comportement chez autrui. Il se retrouve trop souvent en face de moi. Alors, et je crois que c’est normal, je me remets en question. Le problème doit venir de moi. Dans le premier cas, j’ai demandé des explications qui ne sont jamais venues. Dans le deuxième cas, je vais poser la question à une des mamans dont je connais la bienveillance bien réelle (qui d’ailleurs n’était pas là aujourd’hui)(et oui Marina c’est bien de toi dont je parle, même si je ne sais pas si tu me lis). Parce que je suis fatiguée de me remettre en question . Je suis fatiguée de me sentir rejetée sans en connaître la raison.

Je ne suis pas particulièrement sympathique, mais je suppose que ça comprend les moments où je tends la main. Alors pourquoi accepter mes mains tendues ? Pourquoi ce sont toujours les mêmes ? Surtout que la leçon que j’en tire, c’est que les mains tendues sont toujours à sens unique. Ceci dit, je ne suis pas sympathique, ce qui ne m’a pas empêché ce soir de tendre la main à une inconnue. Je ne suis pas sympathique mais aussi incorrigible.

PS : J’ai des soucis de santé assez ennuyeux. Non maman je n’ai pas un cancer. Et non je n’ai aucune mais alors aucune envie d’en parler. Mais ça va me prendre du temps. De l’énergie. Que je vais devoir consacrer à ce souci. Je serai peut être moins là. Ou pas. Je sais pas.

EDIT : Après avoir parlé avec mon amie Marina il semblerait qu’il n’y ait aucun souci avec moi. Ouf !


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L’instant – 2 avril 

Aujourd’hui est un jour particulier pour toutes les familles dont l’un des enfants est autiste. Je dis « autiste » exprès. Ce n’est pas un gros mot. Ni une insulte. Malgré ce que peuvent dire certains en public.

Je voudrais d’abord expliquer ce qu’est l’autisme pour moi (et uniquement pour moi) avant de revenir sur cette journée.

L’autisme est une différence. Une façon différente d’aborder la vie dans ses sons, ses lumières, ses ressentis. Une façon différente de penser, d’exprimer ses envies et ses besoins. Peut être que je me trompe mais parfois j’ai l’impression qu’une personne autiste regarde la vie à travers un prisme. Ces personnes sont différentes dans notre société pleine de cases, de normes, de règles, de rigidité et de complications. On leur demande de rentrer dans ces cases sous peine d’exclusion. On leur demande de réfléchir comme le reste du troupeau. Notre société ne fait pas l’effort d’essayer de les comprendre, de les accepter telles que. Alors forcément leurs comportements, leurs différences sautent aux yeux.

Pendant la formation que j’ai suivi, quand on nous a décrit l’ensemble des symptômes de l’autisme, le pedopsy nous a demandé si nous retrouvions l’ensemble de ces symptômes chez nos enfants. J’ai répondu oui. Avec un bémol. Oui, on peut dire que Gabriel est maniéré mais pour moi ça fait partie de lui. De ce qu’il est. Et je n’y vois pas de problème. Pour moi ce n’est pas un symptôme. Son comportement est différent mais je l’accepte et ne le vois même plus d’ailleurs.

Pour moi, l’autisme n’est pas une maladie, un trouble, pas même un handicap. C’est une différence. Bien sûr plus ou moins marquée.

En France, comme dans tous les pays du monde, on profite du 2 avril pour tenter de sensibiliser les neurotypiques (les « normaux » qui rentrent bien dans le moule). Et on se met tous en bleu. Comme beaucoup, aujourd’hui, je portais du bleu. Parce que je veux sensibiliser et expliquer la différence. 

Je me mets en bleu. Sauf que l’association américaine qui a lancé cette initiative veut « guérir » l’autisme. Et c’est là que ça me chatouille un peu. J’imagine que pour les familles dont l’enfant souffre d’une forme d’autisme grave, non verbal, la guérison est peut être un but. Mais pas pour moi. Mon fils est autiste. Mais c’est avant tout Gabriel. Un enfant différent que je ne changerai pour rien au monde. Bien sûr c’est difficile. Rien que ce soir il m’a fallu 40mn pour l’emmener à la douche. 40mn de cris, de larmes, d’incompréhension, de douleurs. Mais c’est aussi un enfant plein de tendresse, hypersensible, intelligent, capable d’humour et de rires magiques.

Alors je me mets en bleu parce qu’en France, il n’y a pas cette connotation de guérison. Mais il faut bien garder à l’esprit que certains assimilent l’autisme à une maladie. Que l’on doit éliminer. Et ça je ne peux pas.

Je l’ai dit un jour. Gabriel est Gabriel. Avant tout et uniquement Gabriel. Et j’aime mon Gabriel. Tout en entier.