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Parce qu'être parents n'est pas simple, une parenthèse un instant…


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L’instant – Paris

A partir du 22 mars a eu lieu le salon du livre. Il s’agit d’un rendez vous passionnant pour les libraires puisque l’occasion de rencontrer tous les éditeurs et leurs représentants sur un seul lieu et être informé des nouveautés à paraitre. Je suis libraire, même si je n’exerce plus, et ce moment est à mes yeux très précieux. Je n’y suis pas allée depuis bien 8 ans. Pour noël, mon mari m’a offert le billet.

C’est aussi pour moi l’occasion de rencontrer des amis virtuels twittesques qui me sont devenus chers.

Il m’a fallu régler tout d’abord un obstacle. Sasha n’étant pas sevré et prenant encore beaucoup, je ne pouvais le laisser derrière moi. Ni une ni deux, je l’emmène avec moi.

Je suis donc partie hier matin avec mon bonhomme, direction Paris. Dès le départ, ce fut très mal engagé. La personne qui devait m’emmener à la gare à décidé de s’accorder 20mn avant de venir. J’ai donc loupé un 1er train. J’ai cru voir mon week end s’enfuir. Fausse alerte, on se débrouille, j’ai moins de temps devant moi, mais je monte dans mon TGV direction Montparnasse.

A l’instant où j’écris, je suis chez moi. Nous aurions du rentrer demain matin.

Sauf que, sauf que…

Tout d’abord, Paris et son métro ne sont absolument pas kidfriendly. Sur les conseils de Twitter, je laisse ma poussette et prends mon écharpe pour mes déplacements. Sauf que Sasha porté, plus le sac  de voyage plein de sa bouffe, couches… plus le sac à langer, c’est sport. Très sport. Je ne suis pas encore dans le TGV, que je souffre déjà. L’arrivée à Paris est terrible. Du monde partout (oui, j’avais oublié), du monde indifférent (oui ça aussi j’avais oublié) et déjà la queue pour prendre mes tickets de métro. Et ce poids sur mes épaules. Sasha n’est pas coopératif du tout. Il en a marre, il a chaud.

Nous avons rendez vous à Saint Michel avec Oceanellys et Obiwanseb. A Odéon, je prends la sortie sans escalator, mes hanches craquent. Je me dépêche, je suis en retard. Je suis pivoine, je ne suis pas au top moi qui voulait être à mon avantage. Oceanellys m’envoie un texto, elle m’attend au RER. Je vois une grande blonde de dos. Je sais que c’est elle. Et l’aspect physique passe au second plan. On s’est connu autrement et il n’y a pas de jugement. Mais je sais que je suis une énorme boule rouge luisante de sueur. Obiwanseb nous rejoint. Nous allons passer  un excellent moment ensemble mais bien trop court.

Et déjà, il est l’heure de repartir. Je remet Sasha dans son écharpe, je reprend mes sacs. Je dois rejoindre la chambre d’hôte que j’ai réservé. Je n’en peux plus. J’ai encore 20mn de marche après le métro. Mon corps pleure.

J’arrive. Enfin, je vais pouvoir me poser. Sauf que je découvre que dans cette chambre d’hôte, la salle de bains est commune. Je me  liquéfie. Ma serviette, c’est laquelle au milieu des autres ? Les toilettes, communes aussi. Glurp. C’était pas précisé dans le descriptif.

Je sors manger un bout avec Sasha, de nouveau dans l’écharpe. Tout mon corps grince. Je reviens à la chambre pour me coucher. Il est 21h, je suis épuisée. Sauf que le matelas est vieux. Très vieux. Je sens les larmes qui pointent. La maison est très vieille, j’entends tous les bruits. Je vais mettre un temps infini à m’endormir. Et Sasha ne dort pas bien. Il va se réveiller au moins 8 fois. Je suis épuisée.

Le lendemain matin, ce matin donc, le fils de famille va aux toilettes, pisse et s’en va. Oui, il ne tire pas la chasse d’eau. Je sature. J’ai d’énormes difficultés à être dans un endroit qui n’est pas ma maison. Je ne peux poser mes pieds nus à un endroit que je ne connais pas. Alors partager des toilette avec un ado peu soigneux…

Je me met en route pour le salon du livre. Je redis à mon mari que je n’en peux plus. J’arrive au tram. Il est blindé. Je ne peux pas monter dedans.

STOP. STOP. STOP.

C’en est trop. Je n’ai aucun plaisir à être là. Ce ne sont que contraintes et efforts. Je fonce à la chambre. Je récupère mes affaires. Je dis juste aux propriétaires que je dois rentrer. Je fonce à la gare. Je rentre chez moi.

Ce séjour m’a inspiré plein de remarques positives.

La prochaine fois que je remonte à Paris seule, c’est sans enfants. C’est ingérable physiquement, surtout aussi petit. Et je n’en profite pas.

Je ne suis pas allée au salon du livre. Oui. Et ? J’adore cet endroit mais est ce si grave ? Je suis plus déçue de ne pas avoir vu Voilapapa LN78990 ou Valparaiso que de ne pas avoir baigné dans la grande messe livresque. Je vis sans lui depuis longtemps. J’irais une prochaine fois. Ou pas. L’important, ce sont les gens que j’ai vu. Et je ne suis plus libraire. Juste une grande passionnée du livre qui peut très bien aller un après midi à Cultura choisir ses romans, voir les commander. Sauf que j’irais plus souvent. J’ai mis un enjeu énorme sur ce salon du livre. Là où il n’y en avait pas. L’essentiel est ailleurs désormais.

Je suis en sur poids. Entre mon poids de base, Sasha, mes sacs, j’ai dû déplacer près de 100Kg. Et non, je ne peux pas continuer ainsi à me négliger. Je vais contacter une nutritionniste du GROS afin d’enfin perdre ce poids qui m’empêche de bouger. Au sens propre comme au sens figuré. Je suis opposée aux régimes donc le GROS est la solution la plus adaptée pour moi.

Je me reprends en main. Ce séjour éclair et avorté m’a montré que je devais avancer. J’avais déjà un peu commencé et je vais continuer. Physiquement, je suis éreintée, j’ai mal partout. Mais je suis requinquée moralement.

Et en fait, l’essentiel est là. J’ai adoré ce séjour.

 

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